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3 questions à Laurent Gaudon, avocat spécialiste des affaires de santé publique

Publié le 3 juillet 2015 à 6h00    Mis à jour le 22 octobre 2015 à 12h35

Qu'attendez-vous de l'assignation en référé devant le tribunal de grande instance de Bobigny ?

Il s'agit de nommer un collège d'experts composé notamment d'un pharmacien spécialiste des dispositifs médicaux stériles et d'un médecin spécialisé en chirurgie orthopédique. Ce collège devra faire la lumière sur le lien de causalité entre les prothèses « métal-métal » et les préjudices des plaignants. De multiples études sur le sujet, dont certaines remontent aux années 1980, ont confirmé les risques toxicologiques, notamment les conséquences potentielles de la propagation des ions métalliques dans le corps.

Quels sont vos griefs à l'encontre des fabricants de prothèses de hanche ?

Dès 2010, le rappel mondial des prothèses de hanche ASR métal sur métal par DePuy avait sonné le glas de la technologie « métal-métal ». Pour autant, non seulement certains fabricants tels que Smith & Nephew ont continué à vendre ces prothèses mais surtout, cette commercialisation s'est faite avec l'aval des autorités sanitaires de santé. Or, aucun fabricant d'implant, ni aucune institution sanitaire, ne pouvaient déclarer ne pas avoir conscience des risques pour la santé de cette propagation d'ions métalliques.

Dans quelle mesure la responsabilité de l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé est-elle engagée ?

Nous ne comprenons pas pourquoi tous les pays du monde ont sonné l'alerte sur la dangerosité des prothèses sauf la France. À partir de 2009, les données de registres nationaux australiens, anglo-gallois et néo-zélandais ont rapporté un risque de reprise supérieur pour les prothèses « métal-métal » par rapport au couple de références métal-polyéthylène, et les pouvoirs publics ont alerté les autorités sanitaires de leurs pays. Il faut attendre un arrêté du ministère...

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