Un an après la publication du rapport du sénateur Jean-François Husson sur l’assurabilité des communes françaises, les assureurs disent avoir compris l’urgence du dossier. Les maires, eux, restent circonspects.
Il aura fallu le soutien du Sénat pour que certaines lignes bougent sur le front de l’assurance des collectivités locales. Auditionnés début mars par la commission des Finances de la Haute assemblée, un an après la publication d’un rapport du sénateur Jean-François Husson sur leurs problèmes d’assurance, certains maires ne se sont pas privés de raconter le désengagement des assureurs depuis juin 2023, après les émeutes liées au décès du jeune Nahel. La commune de Rive-de-Gier (Loire) les a vécues de plein fouet et, l’année suivante, a dû faire face à des inondations. D’autres communes, comme Caderousse (84) ou Saverne (67), ont échappé à toute catastrophe, ce qui ne les a pas empêchées d’être lâchées par leur assureur. Un drame pour la commune alsacienne, qui compte le château des Rohan dans son patrimoine. « L’explication qu’on m’a donnée, c’est que nous sommes une commune de plus de 10 000 habitants », témoigne son maire Stéphane Leyenberger.
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Le Vauclusien Christophe Reynier-Duval souligne, quant à lui, le désavantage d’être voisin d’une digue sur le Rhône, même si le dernier sinistre recensé remonte à… 2003. Leurs communes se sont retrouvées sans assurance dommages aux biens et, une fois le problème réglé, face à une envolée des primes (552 % d’augmentation pour Caderousse) et des franchises. Leur cas est loin d’être isolé : après avoir reçu le courrier de résiliation de son assureur en 2023, Didier Lechien, maire de Dinan, a fait appel à un courtier international pour...