Christophe Hautbourg, directeur général de Planète CSCA

«Planète CSCA vise les 3 000 adhérents en 2025»

Publié le 28 novembre 2024 à 9h00

Mehdi ElAouni    Temps de lecture 4 minutes

Christophe Hautbourg, directeur général de Planète CSCA, dresse un état des lieux de la réforme du courtage et de ses effets sur la profession deux ans après sa mise en œuvre. Entre évolutions réglementaires, transformations du marché et ambitions syndicales, il partage son regard sur les défis et opportunités qui redéfinissent le paysage du courtage.

Deux ans après la mise en œuvre de la réforme du courtage, quel bilan en faites-vous ?

La réforme a eu des impacts significatifs sur le courtage, notamment avec l’obligation pour les courtiers d’adhérer à une association professionnelle agréée par l’ACPR. Ce nouveau cadre réglementaire a engendré des confusions sur le marché. Beaucoup de courtiers pensent à tort que ces associations offrent les mêmes services que ceux d’un syndicat professionnel comme Planète CSCA, qui est présent à chaque étape de la réglementation : de la défense des intérêts lors de l’élaboration des textes, tant au niveau national qu’européen, à leur décryptage jusqu’à l’aide à la mise en œuvre par la mise à disposition de guides pratiques et/ou de modèles de documents. Le rôle et les missions sont différents et c’est pour cette raison que nous avons fait le choix de créer une association indépendante du syndicat avec l’Apic et le Groupement des comparateurs en assurance et banque (GCAB) : Endya. Cette confusion a parfois conduit à des choix d’adhésion moins réfléchis. Nous œuvrons donc à expliquer les rôles respectifs de chacun pour une meilleure compréhension. Il convient par exemple de rappeler qu’une association professionnelle agréée et sous le contrôle de l’ACPR ne peut raisonnablement prétendre jouer un rôle de représentation et de défense des intérêts des courtiers.

Quel regard portez-vous sur les huit associations agréées et leur fonctionnement ?

Ces associations semblent, de notre point de vue d’observateur, avoir des approches différentes, notamment en termes d’infrastructures, d’outils IT, de services mis à disposition des adhérents et de grille tarifaire. Nous avions proposé au moment de la mise en place la création d’une structure unique, rattachée par exemple à l’Orias. Cela était pour nous une solution pertinente, notamment en termes d’optimisation des coûts et de cohérence des campagnes de vérification, mais elle n’a pas été retenue. Nous attendons désormais la publication des chiffres de l’audience de ces associations, prévue dans le cadre de la réforme. Ces données permettraient de mieux comprendre la répartition des adhérents et d’évaluer leur représentativité, mais elles tardent à être publiées.

L’obligation d’adhésion à ces associations a-t-elle eu un impact sur le volume d’adhérents de Planète CSCA ?

Oui, cette réforme a entraîné des changements. Certains courtiers ont adhéré à Planète CSCA par confusion, pensant répondre à l’obligation légale. Si certains ont choisi de rester en découvrant la valeur ajoutée de nos services, d’autres ont préféré partir, faute de moyens financiers suffisants, les dépenses obligatoires liées à la réforme étant déjà conséquentes. Aujourd’hui, nous comptons environ 2 400 adhérents, ce qui représente un taux de syndicalisation de 25 %, bien au-dessus de la moyenne nationale de 7 %. Nous visons toutefois à atteindre les 3 000 adhérents en 2025, avec un gros effort de prospection à venir.

Quel impact de la réforme sur l’immatriculation des courtiers à l’Orias ?

Le nombre de courtiers immatriculés a diminué d’environ 2 000 en deux ans, ce qui s’explique principalement par la réforme et ses contraintes, mais aussi par des facteurs de marché. Certains courtiers ont arrêté leur activité ou vendu leur portefeuille, jugeant les nouvelles obligations trop coûteuses ou contraignantes. Nous constatons aussi un phénomène de concentration avec des rachats et fusions de cabinets, ainsi qu’une pyramide des âges vieillissante. Le courtage n’en reste pas moins en bonne santé économique.

Quel est le bilan de l’offre Solution DO (dommages-ouvrage) développée avec SMA courtage pour vos adhérents depuis 2023 ?

L’offre Solution DO, lancée il y a un an, vise à répondre à un double besoin : permettre aux courtiers de proximité, peu spécialisés en assurance construction, d’accéder à des solutions fiables et d’éviter qu’ils ne se tournent vers des acteurs moins solides. Les premiers résultats sont encourageants : 250 demandes de codification de courtiers et environ 500 demandes de chiffrage, notamment pour des maisons individuelles et des locaux professionnels. Nous continuons à travailler avec SMA courtage pour affiner le processus et rendre le parcours de souscription plus fluide, tout en accompagnant nos adhérents sur ce segment très technique.

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