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3 questions à Ludovic Sénécaut, président du directoire d'Euler Hermes France

Publié le 4 février 2013 à 6h00    Mis à jour le 22 octobre 2015 à 12h40

Comment a évolué votre sinistralité en 2012 ?

Tous les indicateurs montrent que notre économie n'est pas en forme. Ce sentiment est renforcé par un examen de notre portefeuille clients qui révèle une baisse de leur chiffre d'affaires de 5 % en moyenne depuis janvier/février 2012. Ce recul est progressif et s'accélère depuis l'été. Il intervient après une embellie insuffisante et de courte durée en 2010 et 2011 pour les entreprises au CA de plus de 15 M€. Du coup, les défauts augmentent fortement et restent à un niveau très élevé : nous attendons ainsi près de 63 000 défaillances sur 2012, soit une hausse de 3 %. Ce chiffre serait certes en deçà du record de 2009, avec 65 000 faillites, mais ne repasserait pas sous la moyenne d'avant crise, c'est-à-dire sous les 60 000 cas par an.

Quelles sont vos perspectives pour 2013 ?

La plupart des moteurs potentiels de la croissance française sont éteints, qu'il s'agisse de la consommation, de l'investissement, du commerce extérieur ou de la dépense publique, avec un faible espoir pour le commerce extérieur. Ce qui explique pourquoi nos perspectives économiques pour 2013 sont extrêmement mitigées. Nous ne prévoyons pas d'inversion de la tendance. Les défaillances devraient continuer de croître, au rythme de 2 % par an, et atteindre 64 000 entreprises.

Avez-vous initié une rationalisation de votre portefeuille de risques aussi brutale que celle entreprise à la fin 2008 ?

Non. Contrairement à certains concurrents, nous ne procédons pas à des réductions globales des garanties pour les secteurs les plus fragilisés par la crise ou pour des destinations très mal notées. Nous prenons des décisions au cas par cas. Euler Hermes a même réussi à mobiliser plus de 2 Md€ de garanties supplémentaires en dépit d'une baisse de 5 % du chiffre d'affaires de ses clients et d'un résultat en recul.

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