Abonnés

RCMS

La responsabilité des dirigeants à l’épreuve du risque climatique (partie 3)

Publié le 4 juin 2024 à 9h09

Stream avocats & solicitors    Temps de lecture 12 minutes

À l’heure où les enjeux climatiques prennent une place prépondérante, la responsabilité des dirigeants se trouve sous les feux des projecteurs depuis l’adoption de loi Pacte en 2019. Cet article du cabinet Stream explore les ramifications de cette évolution juridique et examine les responsabilités qui incombent désormais aux dirigeants dans la lutte contre le changement climatique. La troisième et dernière partie de l'article traite des difficultés d’évaluation du risque. Retrouvez les deux parties précédentes dans la colonne de droite.

Arnaud Magerand, avocat associé chez Stream, et Hélène Chanteloup, professeur de droit et consultante chez Stream

Les difficultés d’évaluation du risque de responsabilité climatique du dirigeant sont de deux ordres : elles sont juridiques et contextuelles.

A – Les difficultés de nature juridique

Les premières difficultés d’évaluation du risque sont directement liées aux éléments constitutifs de la responsabilité climatique du dirigeant social. Elles tiennent, principalement, à la porosité des fautes « climatiques » susceptibles d’engager la responsabilité du dirigeant, et à l’hétérogénéité des préjudices susceptibles d’être invoqués par les victimes.

1 – La porosité de la faute climatique

La première difficulté d’évaluation du risque assurantiel lié à la faute climatique du dirigeant social résulte du fait qu’à ce jour, les éléments constitutifs exacts de cette faute ne sont pas fixés et sont en cours d’élaboration et d’affinement. Les obligations apparaissent, se multiplient au fil des années, et la rapide évolution du changement climatique augure certainement d’un durcissement à venir sans qu’il soit possible d’en mesurer l’étendue.

La deuxième difficulté est liée à la nature même des obligations mises à la charge des sociétés et de leurs dirigeants. Car, à l’exception des obligations quelque peu « formalisées » (rédaction d’un plan de vigilance et inscription des bilans dans le rapport de gestion), les contraintes pesant sur les dirigeants sociaux en matière de protection du climat se caractérisent, encore aujourd’hui, et pour l’essentiel, par des obligations de moyens, des préconisations à suivre et des mesures à mettre en place. Fondées sur le devoir de vigilance, ces obligations sont susceptibles de revêtir de multiples formes et expressions selon la structure de la société, son domaine d’activité ou...

Dans la même rubrique

Abonnés Cyberattaques : agir pour ne pas subir

Jusqu’à présent mise en avant dans la lutte contre les cyberattaques, la prévention ne suffit plus...

Abonnés Expertise unilatérale : les annexes du rapport… ne sont pas le rapport

Pour la Cour de cassation, les pièces annexées à un rapport d’expertise unilatérale, non judiciaire,...

Abonnés L’EIOPA s’interroge sur la distribution via l’IA

L’intégration de l’intelligence artificielle dans les processus de distribution d’assurance fait...

Voir plus

Chargement…