Longtemps à la peine, le marché du deux-roues commence à reprendre quelques couleurs. Mais derrière le frémissement à la hausse des immatriculations se dessinent de nouvelles tendances : un parc qui vieillit, des motards qui adaptent leurs contrats à leur budget et des assureurs confrontés à la hausse structurelle des coûts de réparation et des sinistres corporels.
Après plusieurs exercices sur les freins, le marché du deux-roues remet doucement la main sur la poignée d’accélération. Au premier trimestre 2026, 212 451 véhicules ont été immatriculés, soit une progression limitée à 0,4 % par rapport à la même période de 2025, note l’Observatoire Solly Azar-AAA Data. Une stabilisation qui intervient après deux années de repli marqué : les immatriculations avaient reculé de 7 % en 2025 et de 9 % en 2024. Cette amélioration reste toutefois relative et ne marque pas un retour aux volumes d’avant la pandémie. Pour les professionnels, le marché est entré dans un nouveau cycle, davantage porté par le vieillissement du parc que par une véritable reprise des ventes.
« Depuis deux à trois ans, nous observons un recul des immatriculations de véhicules neufs, notamment sur le segment du cyclomoteur, alors que le marché de l’occasion reste relativement stable », constate Fanny Laluc, directrice générale d’April Moto. Même prudence chez Solly Azar. « Les premiers mois de 2026 sont plus encourageants, mais le deuxième trimestre permettra de confirmer si cette amélioration s’inscrit dans la durée », observe Maëlle Faure, cheffe de produits auto-moto.
Pour les assureurs spécialisés, cette évolution traduit surtout une modification profonde des usages. Le développement du télétravail, la baisse des déplacements quotidiens et un contexte économique plus incertain conduisent les motards à renouveler moins fréquemment leur véhicule. « La moto reste avant tout...