Les producteurs de fruits – en arboricultures et en petits fruits – sont en première ligne des aléas climatiques, mais ils voient aussi leur quotidien évoluer rapidement, avec de nombreux enjeux de responsabilité. Le tout avec des marges financières réduites.
Le secteur de la production de fruits a beaucoup évolué ces dernières années, avec une disparition de nombreuses petites structures. « Nous avons perdu 40 % des vergers en trente ans », rappelait Françoise Roch, productrice de pommes, prunes et raisins de table dans le Tarn-et-Garonne et représentante de la filière à l'occasion d’une table ronde sur les risques agricoles au salon professionnel MedFel d’avril dernier. Les producteurs de petits fruits rouges font, de leur côté, face à une forte demande des consommateurs, mais sans pouvoir répondre à la demande française (l’approvisionnement national est à 50 % pour les fraises, mais à 17 % pour les myrtilles et à 15 % pour les framboises) et avec une forte concurrence internationale. En parallèle de ces enjeux de production, les arboriculteurs et producteurs de petits fruits ne peuvent plus se contenter de « produire et vendre », insiste Françoise Roch en citant le sanitaire comme le premier des enjeux. « La gestion des risques est devenu une fonction stratégique au sein des entreprises, au même titre que la production », résume-t-elle. D’où l’importance de la multirisque agricole qui peut aussi couvrir, généralement en option, les dommages causés aux récoles des voisins en cas de traitement chimique (dissémination accidentelle par le vent), les intoxications alimentaires en cas de vente directe (garantie de responsabilité produits livrés) et les dommages de pollutions accidentelles. Des garanties existent aussi pour couvrir les dommages résultant des activités de diversification agricole – comme les chambres d’hôtes ou le camping à la ferme – qui peuvent apporter un complément de revenu.