Après plusieurs années de fortes hausses, les tarifs en assurance auto et habitation devraient continuer à progresser. Inflation des coûts, sinistralité dynamique et pression climatique alimentent une tendance structurelle, que les assureurs peinent à contenir – au risque d’accentuer la pression sur le budget des ménages.
Alors que les assureurs finalisent leurs arbitrages tarifaires pour les échéances de fin d’année, le scénario d’une nouvelle hausse des primes en auto et habitation se confirme. Depuis la sortie de crise sanitaire, les revalorisations se succèdent, généralement comprises entre 4 et 6 % selon les années et les segments, traduisant une inflation désormais bien installée dans le secteur. Et la tendance devrait se prolonger en 2026.
À l'automne dernier, Cyrille Chartier-Kastler, fondateur du cabinet Facts & Figures et du site Goodvalueformoney, évoquait ainsi des hausses attendues de 4 à 6 % en habitation et de 4 à 5 % en automobile, dans un contexte de renchérissement des coûts et de montée des risques climatiques. Sur le terrain, les acteurs confirment cette pression persistante. « En habitation, la hausse des matières premières pour la construction depuis la Covid-19 et l’aggravation des phénomènes climatiques vont grever nos coûts et donc nos prix dans la durée », explique Antoine Ermeneux, directeur général de Maaf.
En automobile, la dérive est tout aussi marquée. « Le coût de la réparation représente la moitié du coût des sinistres automobiles et il croît de 6 % par an. Le coût des corporels augmente aussi, avec les évolutions de jurisprudence et la multiplication des postes de préjudices à indemniser », poursuit-il. Même constat chez Axa France, qui souligne une double dynamique : hausse de la fréquence des sinistres – notamment climatiques – et inflation des coûts...