Le couperet est tombé. Selon le dernier bilan d’Altares, l’économie française entame l’année 2026 dans un climat de fragilité persistante.
Avec 18 986 procédures ouvertes au 1er trimestre, les défaillances progressent de 6,4 % sur un an, frôlant le seuil inquiétant des 72 000 dossiers sur douze mois glissants. Plus qu’une statistique, c’est un séisme social : 75 350 emplois sont aujourd’hui menacés. Le paysage entrepreneurial se fracture. En première ligne, les microentreprises (moins de 3 salariés) paient le tribut le plus lourd, représentant trois quarts des défaillances. Si les PME de taille moyenne (10 à 19 salariés) semblent paradoxalement mieux résister, l’inquiétude gagne les structures de 20 à 99 salariés, dont les défaillances bondissent de 12 %. Sectoriellement, le choc est brutal pour les services. La propreté voit ses défaillances s’envoler de 41 %, tandis que le transport subit la détresse des taxis (+61 %). L’agriculture, en proie à des difficultés structurelles, enregistre une hausse de 23 %.
À l’inverse, le secteur de la construction et la restauration à table affichent une résilience inattendue, parvenant à stabiliser leurs indicateurs malgré l’atonie de la consommation. L’aggravation est marquée par une hausse de 13,6 % des redressements judiciaires, signe que les dirigeants luttent pour sauver leurs actifs, bien que le recours aux procédures préventives reste trop marginal (2 %). Entre retards de paiement et trésoreries exsangues, l’horizon reste bouché. Pour Altares, l’urgence est claire : sans une anticipation accrue et un accompagnement renforcé, la capacité de rebond du tissu économique français demeurera durablement entravée.