Abonnés

Distribution

Sur l’étendue du devoir de conseil et d’information

Publié le 2 novembre 2021 à 9h00

Belovetskaya avocats    Temps de lecture 15 minutes

Des devoirs d’information aux devoirs de conseil ou de renseignement, des mises en garde en assistances en tous genres, la jurisprudence exige des prestataires de services d'aller au-delà de l’information qui leur est fournie par le client. Une tendance qui concerne les acteurs de l’assurance au premier chef puisqu'ils détiennent une obligation générale d’information et de conseil. Toutefois, ce devoir n’est pas absolu puisque l’assureur ne conseillera que sur la base des informations à sa disposition et a donc un rôle passif dans l'exercice. Un rôle qui n’est pas pour autant générique, l’assureur devant s’adapter aux besoins spécifiques de ses assurés.

Daria Belovetskaya, avocate aux barreaux de Paris et de Saint-Pétersbourg, Céline Bellier, avocate, et Michel de Bezenac, élève avocat

L’article 1194 du Code civil dispose que les contrats obligent non seulement à ce qui est exprimé, mais encore à toutes les suites que leur donnent l’équité, l’usage ou la loi. Paradoxalement, la loi prévoit l’usage de l’équité, définie en principe par une forme de justice dépassant l’application des règles. Le juge n’a pas manqué de faire usage de cette possibilité de dépassement au détriment de la prévisibilité et donc de la sécurité juridique des relations économiques. En ce qui concerne les acteurs du secteur de l’assurance, ils ont une obligation générale d’information et de conseil. Toute mutation juridique, émanant notamment de l’œuvre jurisprudentielle, est accompagnée d’une période d’incertitude sur l’étendue de l’application des concepts. Il convient donc de dresser le panorama du devoir de conseil de l’assureur à travers l’historique de sa jurisprudence.

S’en dégagent deux constats :

  • ce devoir n’est pas absolu puisque l’assureur ne conseillera que sur la base des informations à sa disposition et détient donc un rôle passif dans son exercice (I),
  • ce devoir n’est pas pour autant générique et l’assureur doit s’adapter aux besoins spécifiques de ses assurés (II).

I- Le rôle passif de l’assureur dans l’exercice de son devoir de conseil

L’assureur ne conseille que sur la base des informations à sa disposition (A) et qui sont pertinentes pour l’opération d’assurance (B).

A- La passivité quant à l’étendue des informations à sa disposition

Si l’assureur est tenu d’une obligation d’information et de conseil, l’assuré est quant à lui tenu d’adopter un comportement loyal vis-à-vis de l’assureur. À ce titre, il se doit de renseigner l’assureur afin que ce dernier puisse avoir une vision du risque la plus juste possible, et lui proposer un contrat d’assurance adapté à son activité. Selon la doctrine, il en ressort que l’assureur n’est pas tenu d’un devoir d’investigation quant à l’étendue des activités exercées par son assuré. L’assureur doit jouer avec les données à sa disposition et son devoir de conseil porte seulement sur ces informations.

De même,...

Dépêches

Chargement en cours...

Les articles les plus lus

Pierre Donnersberg & Christian Burrus, coprésidents de Diot-Siaci

« La croissance de Diot-Siaci devrait encore s’afficher à deux chiffres en 2025 »

Entre Pierre Donnersberg et Christian Burrus, coprésidents du courtier Diot-Siaci, c’est l’entente…

Jean-Christophe Manuceau La Tribune de l'Assurance 04/12/2025

Réassurance interne

Abonnés La Macif cède à la tentation

Pour faire face à la montée des risques, notamment climatiques, et s’offrir une alternative au…

Louis-Christian de Baudus La Tribune de l'Assurance 01/12/2025

Stéphane Vauterin, Professional & Specialty Lines Manager pour la France chez Axa XL

« La tendance tarifaire du risque cyber est à la baisse »

Axa XL, la division d’Axa dédiée à l’assurance des grands risques pour les groupes du CAC 40 et les…

Louis Guarino La Tribune de l'Assurance 11/12/2025

Dans la même rubrique

Abonnés Démarchage téléphonique : le consentement devient la règle

Les assureurs et les courtiers ont six mois pour s’aligner sur les règles du droit commun, qui...

Abonnés Expertise conventionnelle et force probante : l’heure est désormais à l’amiable

En privilégiant l’expertise amiable à l’expertise judiciaire, la Cour de cassation creuse un peu...

Abonnés Définir les risques maritimes, de quoi devenir (Piano) Barge

La Cour de cassation avait bousculé les praticiens avec une définition en apparence restrictive du...

Voir plus

Chargement…