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Lutte contre la fraude

Les dangers d’une simplification tous azimuts du parcours client

Publié le 10 mai 2022 à 9h00

Synaxia Conseil    Temps de lecture 11 minutes

Dans la poursuite de l’objectif de réduction du time-to-market, les assureurs se focalisent sur les processus de distribution et ont tendance à délaisser la gestion. Or, cette stratégie comporte des périls en ce qui concerne la lutte contre la fraude. Décryptage.

Élise Savarese, directrice, et Mathieu Grosheny, associé chez Synaxia conseil

Le livre blanc « Les Français et la fraude en assurance » réalisé par Synaxia conseil en 2021 a permis d’évaluer à 13 % le nombre d’assurés fraudeurs, auxquels s’ajoutent 9 % d’assurés hésitants qui ont déjà par le passé hésité à frauder ou qui seraient passés à l’acte s’ils en avaient eu l’occasion. La population dite à risque s’élève donc à 22 % des assurés. De son côté, l’Agence de lutte contre la fraude à l’assurance (Alfa) estime qu’environ 7 % des prestations en assurance de personnes, et entre 3 et 5 % des prestations IARD, seraient payées à tort.

Ces chiffres sont importants et la tendance est malheureusement à la hausse, et ce, pour trois raisons principales. Tout d’abord, la simplification des parcours s’est accompagnée d’un assouplissement des procédures et des seuils de contrôle métier, sans mise en place de contrôles ad hoc à la digitalisation pour le compenser ; ce qui facilite le parcours fraudeur ! De plus, les modes opératoires se diffusent sur les réseaux sociaux et se démocratisent. Et enfin, la quasi impunité rend le risque pris par les fraudeurs faible au regard des gains possibles.

1- L’action actuelle des assureurs est importante mais pas suffisante

Dans ce contexte et face à l’érosion des résultats techniques, la plupart des assureurs ont admis que la fraude à l’assurance ne peut plus être tolérée et simplement intégrée au risque. Nombre d’entre eux ont donc renforcé leur dispositif de lutte anti-fraude (LAF) et augmenté les moyens octroyés. Ils s’organisent et s’outillent davantage dans l’objectif d’identifier un plus grand volume de situations anormales et de traiter les fraudes avérées.

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