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Dépendance : quel pilotage pour un risque évolutif ?

Publié le 2 janvier 2013 à 6h00    Mis à jour le 22 octobre 2015 à 12h40

François Lusson


Gérer le risque dépendance, c'est faire face à de nombreuses incertitudes. Faute de données d'expérience, les assureurs doivent mettre en place une démarche complète de gestion intégrée des risques.

Dans une offre d'assurance de personnes dans un contexte de vieillissement continu de la population et d'évolution des structures familiales peu propices à la prise en charge des personnes dépendantes, les produits d'assurance dépendance figurent de plus en plus naturellement. La prise en charge publique via l'allocation personnalisée d'autonomie (APA) ne répond que partiellement aux besoins. Le développement des couvertures et prestations de toute sorte au niveau public restera durablement conditionné par les contraintes des finances publiques. Les offres privées, sur une base viagère, n'en apparaissent que plus légitimes. Mais la tarification et le suivi technique de ces produits doivent faire face à trois risques principaux : l'incertitude sur les taux d'entrée en dépendance ("incidence") ; sur la durée de survie des personnes dépendantes ("longévité") ; et un risque financier de long terme (1).

La dépendance concentre des risques que l'on ne trouve que partiellement pour d'autres types de contrats :

la retraite est confrontée aux risques financier et de survie des assurés, mais pas à un risque d'incidence ;

l'invalidité est confrontée aux risques d'incidence et de maintien, mais de manière plus limitée au risque financier, les contrats collectifs étant annuels et non viagers (et les engagements de revalorisation sur les rentes en cours, rarement pris en compte en cas de résiliation).

La mesure de l'engagement de l'assureur nécessiterait de disposer d'un volume suffisant de données fiables afin de cerner la volatilité de ces phénomènes (dans le contexte spécifique de la chaîne d'acceptation des sinistres par l'assureur). Plus la volatilité est forte, car mal cernée, plus l'assureur doit allouer de fonds propres, et pour un risque donné, moins ces fonds propres sont rentables. Deux éléments viennent compliquer la mesure de ces engagements :

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