Abonnés

JURISPRUDENCE

Déclaration du risque : conditions de la nullité pour fausse déclaration intentionnelle

Publié le 8 janvier 2019 à 8h00

AY-HOUR KEV-CHATENET

L’assureur ne peut se prévaloir de la réticence ou de la fausse déclaration intentionnelle de l’assuré que si celle-ci procède des réponses apportées à des questions précises.

AY-HOUR KEV-CHATENET
AVOCATE, CABINET CAMACHO & MAGERAND

Les faits rapportés concernaient la mobilisation de la garantie « incendie » stipulée dans le cadre d’un contrat « multigarantie vie privée résidence principale » souscrit par le propriétaire d’une maison d’habitation. A la suite d’un incendie survenu le 30 décembre 2011, l’assureur, pour dénier sa garantie, a invoqué la nullité du contrat d’assurance sur le fondement de l’article L.113-8 du Code des assurances au motif que l’assuré avait omis de déclarer que l’immeuble avait été édifié sans permis de construire sur une zone interdite.

Les juges du fond ont prononcé la nullité du contrat d’assurance au motif que l’assureur n’ayant pas l’obligation de faire remplir un questionnaire séparé lors de la souscription du contrat, la réticence intentionnelle commise par l’assuré lors de la souscription du contrat a nécessairement exercé une influence sur l’opinion de l’assureur justifiant la nullité du contrat.

L’arrêt de la cour d’appel de Caen est censuré. Il appartient à l’assureur de poser les questions précises impliquant la révélation des informations relatives à la construction de l’immeuble assuré.

Cet arrêt est la confirmation de la solution consacrée par l’arrêt de la chambre mixte de la Cour de cassation du 7 février 2014 selon laquelle « l'assureur ne peut se prévaloir de la réticence ou de la fausse déclaration intentionnelle de l'assuré que si celle-ci procède des réponses qu'il a apportées auxdites questions » (Ch. mixte, 7 février 2014, n° 12-85.107).

Rappelons que cet arrêt avait remis en cause la validité de la pratique des questionnaires pré-remplis. L’assureur ne peut, désormais, se prévaloir de la réticence ou de la fausse déclaration intentionnelle de l’assuré que si celle-ci procède des réponses apportées à des questions précises.

Dépêches

Chargement en cours...

Les articles les plus lus

Pierre Donnersberg & Christian Burrus, coprésidents de Diot-Siaci

« La croissance de Diot-Siaci devrait encore s’afficher à deux chiffres en 2025 »

Entre Pierre Donnersberg et Christian Burrus, coprésidents du courtier Diot-Siaci, c’est l’entente…

Jean-Christophe Manuceau La Tribune de l'Assurance 04/12/2025

Réassurance interne

Abonnés La Macif cède à la tentation

Pour faire face à la montée des risques, notamment climatiques, et s’offrir une alternative au…

Louis-Christian de Baudus La Tribune de l'Assurance 01/12/2025

Stéphane Vauterin, Professional & Specialty Lines Manager pour la France chez Axa XL

« La tendance tarifaire du risque cyber est à la baisse »

Axa XL, la division d’Axa dédiée à l’assurance des grands risques pour les groupes du CAC 40 et les…

Louis Guarino La Tribune de l'Assurance 11/12/2025

Dans la même rubrique

Abonnés Démarchage téléphonique : le consentement devient la règle

Les assureurs et les courtiers ont six mois pour s’aligner sur les règles du droit commun, qui...

Abonnés Expertise conventionnelle et force probante : l’heure est désormais à l’amiable

En privilégiant l’expertise amiable à l’expertise judiciaire, la Cour de cassation creuse un peu...

Abonnés Définir les risques maritimes, de quoi devenir (Piano) Barge

La Cour de cassation avait bousculé les praticiens avec une définition en apparence restrictive du...

Voir plus

Chargement…