Abonnés

Jurisprudence

Comment calculer les préjudices résultant d’un décès ?

Publié le 26 mars 2019 à 8h00

Serge BROUSSEAU

Le calcul des préjudices des proches d’une victime décédée est, en général, relativement simple. Il suffit de respecter une méthodologie issue de la pratique et confirmée par la jurisprudence. Par arrêt du 7 février 2019 de la 2 chambre civile, la Cour de cassation (pourvoi n° 18-13354) vient opportunément rappeler quelques-unes des règles à décliner en ce domaine.

Serge BROUSSEAU
Docteur en droit, avocat à la cour

Quels sont les faits ?

Un homme âgé de 63 ans décède d’un cancer consécutif à une exposition professionnelle à l’amiante, diagnostiqué en février 2012. Sa veuve et ses deux filles demandent au Fonds d'indemnisation des victimes de l'amiante (Fiva) l’indemnisation de leur préjudice économique.

Les parties au procès étaient d’accord sur le revenu de référence de la famille pour un montant de 60 708 €, somme à partir de laquelle les calculs des préjudices des ayants droit doivent s’opérer. En revanche, les parties étaient opposées sur la notion basique de répartition de ce revenu entre le conjoint, les enfants et… la personne décédée. En effet, il faut admettre que toute la famille vivait de ce revenu, ce qui suppose qu’il doit être réparti entre tous les membres de la famille avant le décès. Plus concrètement, le mari et père qui est décédé consommait nécessairement une part des revenus.

Les décisions judiciaires

La cour d’appel de Paris, dans son arrêt du 22 janvier 2018, a estimé que le revenu annuel de la personne décédée devait être réparti, à raison de 60 % pour sa veuve et de 20 % pour chacune de ses deux filles. Raisonner de cette façon conduit à ignorer que la personne décédée consommait elle aussi une part du revenu familial.

La cassation était inévitable et c’est ce qu’a décidé la Cour suprême dans son arrêt du 7 février 2019 :

« Vu le principe de la réparation intégrale sans perte ni profit pour la victime ;

Attendu qu'en cas de décès de la victime directe, le préjudice patrimonial subi par l'ensemble de la famille proche du défunt doit être évalué en prenant en compte comme élément de référence le revenu annuel du foyer avant le dommage ayant entraîné le décès de la victime directe en tenant compte de la part de consommation personnelle de celle-ci, et des revenus que continue à percevoir le conjoint, le partenaire d'un pacte civil de solidarité ou le concubin survivant ;

Dépêches

Chargement en cours...

Les articles les plus lus

Pierre Donnersberg & Christian Burrus, coprésidents de Diot-Siaci

« La croissance de Diot-Siaci devrait encore s’afficher à deux chiffres en 2025 »

Entre Pierre Donnersberg et Christian Burrus, coprésidents du courtier Diot-Siaci, c’est l’entente…

Jean-Christophe Manuceau La Tribune de l'Assurance 04/12/2025

Réassurance interne

Abonnés La Macif cède à la tentation

Pour faire face à la montée des risques, notamment climatiques, et s’offrir une alternative au…

Louis-Christian de Baudus La Tribune de l'Assurance 01/12/2025

Stéphane Vauterin, Professional & Specialty Lines Manager pour la France chez Axa XL

« La tendance tarifaire du risque cyber est à la baisse »

Axa XL, la division d’Axa dédiée à l’assurance des grands risques pour les groupes du CAC 40 et les…

Louis Guarino La Tribune de l'Assurance 11/12/2025

Dans la même rubrique

Abonnés Démarchage téléphonique : le consentement devient la règle

Les assureurs et les courtiers ont six mois pour s’aligner sur les règles du droit commun, qui...

Abonnés Expertise conventionnelle et force probante : l’heure est désormais à l’amiable

En privilégiant l’expertise amiable à l’expertise judiciaire, la Cour de cassation creuse un peu...

Abonnés Définir les risques maritimes, de quoi devenir (Piano) Barge

La Cour de cassation avait bousculé les praticiens avec une définition en apparence restrictive du...

Voir plus

Chargement…