Véritable poison pour le business, la corruption est un vrai casse-tête pour les assureurs. Face à un risque difficilement assurable mais clairement identifié, ces derniers interviennent en amont et composent avec une législation toujours plus stricte, sur un marché malgré tout disputé.
Pot-de-vin, bakchich, dessous-de-table, enveloppes, cadeaux, indemnités... Les synonymes pour évoquer la corruption ne manquent pas, tant la pratique semble toujours aussi répandue à travers le globe. Dangereusement puissante et tentaculaire, elle est, pour le monde des affaires, un poison qui gangrène les rouages du commerce et met à mal l'image de nombreux secteurs d'activité ; pour certains pays, c'est l'ensemble de l'économie qui est concernée.
« La corruption peut prendre des formes très variées. Nous la définissons comme "le détournement à des fins privées d'un pouvoir reçu en délégation" », indique Baptiste Pécriaux, chargé de plaidoyer secteur privé pour l'ONG Transparency International France. « Il s'agit du détournement d'une fonction ou d'un mandat pour atteindre un objectif privé », précise-t-il.
Les chiffres donnent le tournis. Selon la Banque mondiale, elle coûte 1 à 1,5 point de croissance économique chaque année. L'organisme estime que 2 600 Md$ (soit 5 % du PIB mondial) sont détournés et environ 1 000 Md$ de pots-de-vin sont versés tous les ans à l'échelle de la planète, « ce qui représente environ 3 % des transactions commerciales internationales, avec pour conséquence l'augmentation de 10 % du coût des projets incriminés », poursuit Baptiste Pécriaux.
« Comme la corruption est un phénomène caché par nature, il est très difficile d'en estimer les impacts financiers. A l'échelle de l'Europe, elle ferait augmenter de 5 % le coût des projets concernés et représenterait environ 1 % du PIB de l'Union : l'équivalent du budget global annuel de l'ensemble des institutions européennes », ajoute-t-il.