La 12ᵉ édition du Future Risks Report d’Axa, issu d’une enquête menée avec Ipsos, montre un monde de plus en plus inquiet. Les crises s’enchaînent, la confiance envers les pouvoirs publics recule et la prévention devient une attente forte. Étienne Mercier (Ipsos) et Françoise Gilles (Axa) décryptent ces signaux et notre monde en polycrise.
Selon la 12ᵉ édition du Future Risks Report d’Axa, nous vivons désormais dans un contexte de « polycrise ». Les crises s’accumulent, se superposent et se renforcent. Étienne Mercier, directeur du pôle opinion et santé chez Ipsos, note que ce sentiment s’intensifie chaque année : « 93 % du grand public et presque tous les experts interrogés estiment que les crises se multiplient. »
L’étude, menée dans 57 pays auprès de 3 600 experts et de 23 000 personnes, montre que le changement climatique reste en tête des préoccupations, devant l’instabilité géopolitique, la cybersécurité et la fragmentation sociale. Parmi les experts, 82 % travaillent chez Axa, principalement dans la gestion des risques, et 18 % proviennent de ses réseaux professionnels, surtout dans les services financiers.
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Pour Étienne Mercier, le constat est clair, « il ne s’agit plus de classer les inquiétudes, mais de comprendre qu’elles se cumulent. Ce climat d’incertitude nourrit un sentiment de vulnérabilité généralisé ». Signe de cette défiance, seuls 16 % du grand public font aujourd’hui confiance aux pouvoirs publics pour gérer les grands risques. Les citoyens, comme les experts, doutent de leur capacité à anticiper et à agir.
En parallèle, la confiance se déplace vers d’autres acteurs, jugés plus réactifs. Axa observe que les entreprises, et notamment les assureurs, inspirent davantage confiance lorsqu’il s’agit de prévention ou de protection. Le public attend désormais des solutions concrètes plutôt que des promesses.