De moins en moins de personnes sont couvertes par une assurance dépendance, les Français attendant des décisions de la part des pouvoirs publics quant au financement de la perte d’autonomie. Mais celles-ci se font attendre depuis bien longtemps.
Avec l’arrivée aux âges élevés des générations du baby-boom et l’allongement de l’espérance de vie, le nombre de personnes âgées en situation de dépendance est appelé à croître en France. Si 2,5 millions de seniors étaient dans cette situation en 2015, ils seront près de 3 millions en 2027 et 4 millions en 2050, soit 16,4 % des personnes âgées de 60 ans ou plus, contre 15,3 % en 2015, selon l’Insee, en se basant sur une perte d’autonomie de GIR 1 (dépendance très forte) à GIR 4 (dépendance modérée), selon la grille AGGIR comprenant au total six groupes iso-ressources (GIR). La problématique de la dépendance chez les sujets âgés est qu’elle engendre un coût très important à la fois pour la personne elle-même et sa famille mais aussi pour l’État et les collectivités. La Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) indique que le montant total de la contribution des finances publiques pour soutenir les personnes âgées en perte d’autonomie s’est élevé à 29,5 Md€ en 2023, dont 23,1 Md€ provenaient de la Sécurité sociale, 5 Md€ étaient versés par les départements et 1,4 Md€ émanait de l’État. Cependant, ces aides sont insuffisantes. Selon la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), le reste à charge des personnes âgées dépendantes est d’environ 1 957 € par mois, soit un montant souvent supérieur à leurs ressources.
Lettre morte
Depuis environ deux décennies, les gouvernements successifs ont promis de légiférer afin d’élaborer des réponses...