À l’heure où la campagne d’annonce des taux des fonds euros bat son plein, les associations d’assurés, qui furent longtemps les reines du podium en la matière, peinent désormais à se distinguer du gros du marché. Pourtant, le partenariat atypique qu’elles ont su bâtir au fil des ans avec les assureurs continue d’irriguer le marché d’une force consumériste aux effets toujours actifs. Explications.
Cet automne, le débat budgétaire ne fut pas de tout repos pour l’assurance vie. Parmi les diverses propositions ciblant certains des avantages fiscaux et successoraux du placement préféré des Français (plus de 2 106 Md€ d’encours), celle –finalement abandonnée – consistant à assujettir les fonds euros au nouvel impôt sur le patrimoine improductif suscita notamment une véritable levée de boucliers dans les cercles financiers. À peine annoncé, le projet déclencha l’ire du président de l’Association française d’épargne et de retraite (Afer). Vent debout, Gérard Bekerman n’y alla pas par quatre chemins pour dénoncer « un non-sens économique ». Qualifier « les fonds euros d’improductifs, c’est nier le rôle stabilisateur de l’épargne longue, celle qui amortit les crises, finance l’État, nos entreprises, et protège les épargnants contre les aléas de la vie. Sans fonds euros, sur qui la France pourrait-elle compter pour financer sa dette ? Sans fonds euros, sur qui nos entreprises pourraient-elles compter pour émettre leurs obligations ? », s’emportait-il le 3 novembre dans un communiqué, avant, vingt-quatre heures plus tard, de fustiger un autre « funeste » amendement (retoqué) relatif à l’échéance du PER (plan d’épargne-retraite) qu’il juge « juridiquement contestable, économiquement contreproductif et fiscalement infondé ».
Mobilisé
S’exprimant au nom des quelque 748 500 adhérents que représente l’Afer, Gérard Bekerman apparaît toujours aussi mobilisé pour faire valoir la voix de ces...