Déficits récurrents, difficultés de recrutement, sinistralité sous tension : le secteur médico-social se trouve pris dans un enchaînement de fragilités. Entre retrait progressif des assureurs historiques, insuffisances de l’offre émergente et dérive des coûts, l’équilibre financier se fissure. Cette enquête analyse les failles qui menacent l’ensemble – et les leviers encore disponibles.
Pilier central de l’emploi social en France, le secteur médico-social rassemble près de 1,5 million de professionnels et génère une masse salariale de 33,1 Md€ pour le seul champ privé non lucratif (1). Les établissements et services médico-sociaux (ESMS) forment un ensemble vaste et hétérogène de structures dédiées à l’accompagnement des publics vulnérables, qu’il s’agisse des personnes âgées, des personnes en situation de handicap, des enfants protégés, des jeunes en danger, des personnes en difficulté sociale ou des publics confrontés aux addictions et aux troubles psychiques.
Une mosaïque d’acteurs au profil contrasté
Le médico-social se caractérise aussi par une grande hétérogénéité statutaire, réunissant des acteurs publics, privés commerciaux, associatifs et mutualistes qui relèvent de modèles économiques et de cadres juridiques distincts. Plus de cinquante mille établissements, régis par le Code de l’action sociale et des familles, forment ainsi un ensemble particulièrement diversifié qui réunit notamment les Ehpad, les Maisons d’accueil spécialisées, les Instituts médico-éducatifs, les Foyers de l’enfance, les Maisons des circonstances et des évaluations sociales et les Centres de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie. Ensemble, ces structures accompagnent près de 2,7 millions de personnes chaque année et génèrent un volume de dépenses supérieur à 70 Md€, financé pour l’essentiel par l’État, les agences régionales de santé (ARS) et les départements (2). En 2026, le secteur médico-social,...