Un an après son lancement, la première assurance climatique paramétrique agricole déployée en République démocratique du Congo (RDC) monte en puissance. Conçue avec l’expertise d’Axa Climate et soutenue par la Banque mondiale, elle protège déjà 80 000 fermiers grâce à des indemnisations rapides fondées sur des données satellitaires, ouvrant une voie réplicable pour l’Afrique.
En République démocratique du Congo (RDC), l’agriculture représente à la fois un pilier économique et une source majeure de vulnérabilité. Près de 70% de la population active dépend directement du secteur, largement dominé par de petites exploitations de subsistance. Maïs et manioc, cultivés sur moins d’un hectare, constituent l’essentiel des cultures, souvent sans mécanisme de protection face aux aléas climatiques.
Et les risques climatiques se renforcent : sécheresses saisonnières et pluies extrêmes, particulièrement destructrices en fin de cycle agricole, deviennent plus fréquentes. Depuis 1951, les précipitations ont enregistré un déclin tendanciel de -41 mm par mois et par siècle. Dans ce contexte, l’insécurité alimentaire touche 21,8 millions de personnes.
Un produit paramétrique pensé pour les petits exploitants
Déployée dans le cadre du Programme national de développement agricole (PNDA), l’assurance paramétrique vise à protéger jusqu’à 300 000 fermiers dans trois provinces pilotes – Kasaï, Kasaï-Central et Kwilu. « L’objectif est clair : offrir une couverture simple, rapide et fiable contre deux risques majeurs : la sécheresse et les excès de précipitations », explique Jean de Dieu Mbey Bosimi, coordinateur national du PNDA. Contrairement à une assurance classique, le dispositif repose sur un mécanisme paramétrique : il n’y a pas d’expertise terrain ni d’évaluation individuelle des pertes. L’indemnisation se déclenche automatiquement lorsque des seuils climatiques prédéfinis sont franchis. « L’assurance a été conçue pour se...