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RC produits

Tâtonnements autour du « risk-utility test » aux USA

Publié le 4 février 2020 à 8h00    Mis à jour le 4 février 2020 à 10h46

Vladimir ROSTAN d’ANCEZUNE

La doctrine et la jurisprudence américaines ont développé depuis une cinquantaine d’années un critère d’appréciation de la responsabilité des fabricants et distributeurs de produits axé sur la perception supposée que le client final (consommateur) peut avoir de la sécurité du produit acheté. Il s’agit du « consumer expectation test » qui s’oppose au « risk-benefit test » ou « risk-utility test », le premier privilégiant le consommateur, le second l’intérêt collectif. Ces approches divergent d’un Etat fédéré à un autre, ce qui crée aux Etats-Unis une cartographie des risques en RC produits des plus complexes.

Vladimir ROSTAN d’ANCEZUNE
Avocat associé et Office Head DAC Beachcroft France, Avocat au Barreau de Paris et au

Une affaire de « laisse rétractable pour chien » pourrait révolutionner le droit de la responsabilité des fabricants, vendeurs et revendeurs du fait des produits défectueux aux Etats-Unis. La cour d’appel fédérale du troisième circuit, comprenant les Etats du Delaware, du New Jersey et de la Pennsylvanie a, en effet, jugé le 3 juillet 2019 que la société A pouvait être tenue responsable des produits défectueux vendus par des tierces personnes sur son site. Dans les faits, Madame X a acquis sur un site d’achat en ligne une laisse rétractable auprès d’un tiers vendeur, la société Y. Un mois après l’acquisition et alors qu’elle promenait son chien, elle a subi une blessure à l’œil ; blessure imputable, selon elle, à la défaillance du produit acheté (1).

En contradiction avec les décisions de cours d’appel fédérales d’autres circuits, notamment du 4e(2) et du 6e(3), la cour a estimé, entre autres, que le fait pour le site d’achat en ligne de pouvoir empêcher la circulation des produits défectueux ainsi que son pouvoir d’ajuster les commissions facturées aux tiers vendeurs en fonction du risque que présente leur produit permettaient d’engager la responsabilité du site d’achat en ligne du fait des produits défectueux. Sur requête, le site d’achat en ligne a obtenu le 23 août 2019 que l’affaire soit réexaminée sans qu’une nouvelle décision n’ait été rendue à ce jour (4).

Cela étant, cette affaire montre les distorsions en matière de responsabilité du fait des produits défectueux qui...

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