Dans un contexte d’extension de conflits, les régimes de sanctions internationales se durcissent. La sécurité juridique devient, dès lors, un enjeu majeur pour les assureurs, qui doivent pouvoir anticiper les conséquences de leurs activités.
Les sanctions internationales constituent un instrument central de régulation des relations internationales, mobilisé tant par les organisations internationales que par les États afin de répondre à des situations de crise, de violations graves du droit international ou de menaces à la paix et à la sécurité. Si leur finalité est politique, leurs effets sont juridiques, en particulier dans le champ du droit des affaires où elles affectent directement l’exécution des contrats et la résolution des litiges.
Le secteur de l’assurance se trouve en première ligne : en sa qualité de garant économique des activités internationales, l’assureur est tenu de conformer, tant sa politique de souscription que ses opérations de règlement de sinistres, aux régimes de sanctions applicables, sous peine de mise en cause de sa responsabilité administrative et pénale. Or, la mise en œuvre des mesures restrictives (embargos, gel des avoirs ou interdictions de mise à disposition de fonds et de ressources économiques) soulève des tensions entre, d’une part, l’impératif d’efficacité des politiques de sanction et, d’autre part, les exigences de sécurité juridique, de prévisibilité contractuelle et de respect des droits fondamentaux. Les développements jurisprudentiels récents, notamment au niveau européen, ainsi que les évolutions normatives internes illustrent cette tension structurelle. Ils témoignent d’un mouvement de renforcement de l’effectivité des sanctions, concomitant à une sophistication des mécanismes de contrôle juridictionnel.