Abonnés

Jurisprudence

Mandat d’agent général : attention à la rédaction des clauses

Publié le 7 avril 2026 à 8h59

Pierre Craponne    Temps de lecture 9 minutes

En jugeant que, en cas de rétablissement d’un agent général, la déchéance du droit à l’indemnité compensatrice de fin de mandat peut s’analyser comme une clause pénale, la Cour de cassation rééquilibre les modalités de rupture du mandat entre agent général, mandataire et compagnie mandante.

Pierre Craponne, avocat à la cour

La technique contractuelle irrigue toujours le droit des assurances, surtout lorsque le conflit judiciaire invite à se poser des questions fondamentales en matière de droit des contrats ou, plus exactement, à qualifier des stipulations contractuelles. Le débat, qui n’est pas nouveau, porte ici sur une clause classique des mandats d’agent général consistant à déchoir l’un d’entre eux (autrement dit, à le priver totalement) de son indemnité compensatrice de fin de mandat lorsqu’il ne respecte pas son engagement de non-rétablissement et que, ce faisant, il concurrence son ancien mandant. Une telle clause, prévoyant une déchéance automatique d’un droit à indemnité en cas de rétablissement de l’ancien agent général, peut-elle être qualifiée de clause pénale ?

La réponse n’est pas neutre, puisqu’elle amène à questionner la rédaction de ladite clause pour respecter les critères de validité des clauses pénales, mais aussi, et surtout, pour permettre la révision judiciaire de cette dernière quant à son montant.

C’est par l’affirmative que la deuxième chambre civile de la Cour de cassation a répondu, dans un arrêt du 12 mars 2026 (Cass. 2e civ., 12 mars 2026, n°24-13.954) publié au Bulletin, ce qui démontre son importance, en posant que (point 6) : « En statuant ainsi, alors qu’elle constatait que les parties étaient convenues par avance que l’inexécution par l’agent général de ses obligations de non-rétablissement et de non-concurrence était sanctionnée par la perte de son droit à l’indemnité de fin de mission, ce dont il résultait que cette stipulation s’analysait en une clause pénale, la cour d’appel a violé les textes susvisés. »

Dépêches

Chargement en cours...

Les articles les plus lus

Pierre Donnersberg & Christian Burrus, coprésidents de Diot-Siaci

« La croissance de Diot-Siaci devrait encore s’afficher à deux chiffres en 2025 »

Entre Pierre Donnersberg et Christian Burrus, coprésidents du courtier Diot-Siaci, c’est l’entente…

Jean-Christophe Manuceau La Tribune de l'Assurance 04/12/2025

Réassurance interne

Abonnés La Macif cède à la tentation

Pour faire face à la montée des risques, notamment climatiques, et s’offrir une alternative au…

Louis-Christian de Baudus La Tribune de l'Assurance 01/12/2025

Stéphane Vauterin, Professional & Specialty Lines Manager pour la France chez Axa XL

« La tendance tarifaire du risque cyber est à la baisse »

Axa XL, la division d’Axa dédiée à l’assurance des grands risques pour les groupes du CAC 40 et les…

Louis Guarino La Tribune de l'Assurance 11/12/2025

Dans la même rubrique

Abonnés Quelle responsabilité civile pour les exosquelettes ?

Le droit de la responsabilité civile n’a pas fait l’objet d’une réforme d’ampleur depuis 1804. Alors...

Abonnés Chronique de la régulation de l’assurance (juillet 2025-janvier 2026)

L’actualité du second semestre 2025 a été dense pour l’Autorité de contrôle prudentiel et de...

Abonnés Perte de chance : il faut toujours prouver la chance perdue

Une « plus-value future », totalement hypothétique, peut-elle relever de la perte de chance ? Dans...

Voir plus

Chargement…