Largement répandue, la vente à distance (VAD) a investi depuis plusieurs années le domaine de l’assurance. Elle ne compte pourtant que pour 3 à 5 % des ventes totales, mais se heurte désormais à la problématique du consentement du consommateur.
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Les hostilités sont lancées ! Dans un communiqué commun diffusé le mois dernier, les associations Afoc, CLCV, Familles rurales, UFC-Que choisir et l’Unaf appellent les autorités à interdire le démarchage téléphonique en matière d’assurance, une pratique « toxique » en plein essor. S’appuyant sur un rapport de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (1), elles rapportent que les litiges liés au démarchage ont explosé depuis 2012 (+ 60 %), d’où l’urgence d’une intervention des pouvoirs publics. « Pour nous, la VAD pose la problématique d’une atteinte à la tranquillité des personnes, en plus de constituer une entrave grave à la concurrence, puisque le vendeur ne propose pas toutes les solutions au client », assure Mathieu Robin, chargé de mission à UFC-Que choisir. La DGCCRF a d’ailleurs sanctionné le 23 septembre la SAS France prévoyance mutuelle à hauteur de 12 000 € pour contournement du dispositif Bloctel.
Les associations réclament donc l’interdiction du démarchage, une revendication « radicale », pour Henri Debruyne, président de l’Observatoire européen de la distribution de l’assurance (Medi), « car ce qui est uniquement en cause, ce sont les appels qui sollicitent des prospects qui n’ont rien demandé », explique-t-il.
Lobbying
« Cette campagne reste du pur lobbying, car une proposition de loi (2) visant à encadrer le démarchage téléphonique et à lutter contre les appels frauduleux est actuellement dans les tiroirs de l’Assemblée...