Le pourcentage de la dette souveraine qu’ils détiennent comme les risques que fait courir la dégradation de la note française sur le cours des obligations assimilables du Trésor, bien présentes dans les portefeuilles, ne peuvent que causer du souci aux assureurs. L’heure est à la prudence et à l’agilité.
À quelques rares exceptions près, depuis une vingtaine d’années, la France n’a plus été capable de respecter les limites fixées par le traité de Maastricht pour la dette et le déficit publics dans les pays membres de la zone euro. Il y a bien eu une courte phase de redressement des comptes après la crise de la Covid-19, mais les déficits se sont ensuite immédiatement creusés à nouveau, et fortement.
Finalement, les doutes persistants sur la capacité de la France à rééquilibrer ses finances publiques ont conduit les agences Fitch et S&P à dégrader la note de sa dette souveraine. Cette dégradation était largement anticipée par les marchés et elle n’a pas suscité d’inquiétude particulière pour les assureurs. Mais est-ce vraiment justifié ?
Les assureurs sont parmi les grands financeurs de la dette d’État et ils sont donc exposés au risque souverain sur les titres obligataires qu’ils détiennent. À la fin du 1er trimestre 2025, environ 10 % du total de la dette négociable de l’État était détenue par les assureurs nationaux, un niveau identique à celui des établissements de crédit (1). En conséquence, la note attribuée à la dette souveraine ne leur est pas indifférente, tout particulièrement les assureurs vie, qui sont très actifs sur ce marché à travers les investissements qu’ils réalisent dans le cadre de leurs contrats.
Impact sur la solvabilité et la notation des assureurs vie et non-vie
Pour la plupart des acteurs, la part des obligations assimilables du Trésor (OAT) n’excède pas 20 % du total de leurs placements, voire beaucoup moins. Néanmoins, à...