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Droit & technique

L'anatomie du risque cyber : un enjeu de taille pour les assureurs

Publié le 5 novembre 2019 à 8h00    Mis à jour le 12 novembre 2019 à 10h27

Emmanuèle Lutfalla, avocate associée, Deborah Azerraf, avocate

La Fédération française de l'assurance a publié son baromètre des risques émergents pour l'année 2019. A l'horizon de cinq ans, le cyber reste en tête des risques principaux, suivi du réchauffement climatique et d'une crise du système financier. Analyse.

Emmanuèle Lutfalla, avocate associée, Deborah Azerraf, avocate
et Alice Decramer, juriste chez Signature Litigation, cabinet d’avocats spécialisé en arbitrage et contentieux

Le marché actuel, qu'il soit observé du point de vue de l'entreprise ou des consommateurs, est dominé par une digitalisation croissante et une forte dépendance aux systèmes informatiques. De facto, le développement de l'Internet des objets ou IdO (Internet of things ou IoT en anglais) et le recours massif au cloud ont pour conséquence d'exposer davantage au risque cyber.

Quelques chiffres

En 2020, il est estimé que chaque Français aura en moyenne trois objets connectés sur lui. 87 % des entreprises ont recours au stockage via le cloud (1), ce qui constitue le scénario d'attaque contre un prestataire de cloud le plus plausible, l'évaluation des pertes en résultant étant située par une étude du Lloyd's dans une fourchette de 15 à 121 Md$, pour une moyenne de 53 Md$ dont seulement 17 % seraient assurés.

On recense aussi que seules 20 % des entreprises n'ont pas subi de cyber-attaques(2) et pourtant, très peu d'entre elles ont réalisé une cartographie de leurs risques. La statistique révèle également que le défaut de sécurité provient dans l'immense majorité des cas d’un collaborateur actif au sein des effectifs, soit du fait d'une action malintentionnée, soit d'une erreur, et non d'une attaque.

Le risque cyber a été massivement relayé lors des attaques Wannacry et NotPetya en mai puis juin 2017 dont les conséquences, estimées à plusieurs milliards de dollars, sont encore à évaluer.

Wannacry a consisté en une rançon logicielle qui a infecté 360 000 dispositifs électroniques dans 180 pays. L'attaque s'est propagée via les intranets des entreprises et a abouti au chiffrement de l'intégralité des données de centaines d'entreprises. A défaut d'une sauvegarde récente de leur système...

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