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Trois questions à Ludovic Berlioux, directeur aviation, Marsh

Publié le 23 mai 2016 à 8h00

esignoret@profideo.com

Comment se porte le marché de l'assurance aéroportuaire ?

Le transport aérien se porte très bien ces dernières années puisque le trafic ne cesse de croître avec trois milliards de passagers transportés contre deux milliards il y a dix ans environ. Sauf événement majeur comme un nouvel acte de terrorisme de l'ampleur de ceux du 11 septembre 2001, la progression devrait se poursuivre de l'ordre de 2 à 3 % par an, surtout en Asie. En ce qui concerne l'assurance, le marché est clairement à l'avantage des assurés en raison de surcapacités. Sur les trois ou quatre dernières années, les primes ont baissé de près de 10 % par an, voire parfois de plus de 20 %.

Quel est le plus grand risque actuel : le risque de sécurité ou de sûreté ?

Le risque de sûreté est revenu au centre des préoccupations après les attentats terroristes du 13 novembre à Paris, et ceux commis à l'aéroport de Bruxelles-Zaventem. Cette question concerne aussi les risques liés à l'immigration clandestine, ou les cyber-risques, dans le cas où une organisation criminelle parviendrait à paralyser un aéroport. Mais globalement, l'assurance aéroportuaire gère surtout une sinistralité de fréquence de dommages, parfois à forte intensité, plus liée à la sécurité des opérations et notamment au sol.

Les primes pourraient-elles être revues à la hausse après ces attentats ?

Aujourd'hui, l'assurance aéroportuaire demeure un marché hyperconcurrentiel, qui n'a aucun problème pour mobiliser des capacités. Cette situation devrait perdurer même en cas d'un sinistre catastrophique, à moins d'un changement macro-économique majeur ou que des modifications drastiques de règles type Solvabilité II n'aient pour conséquence d'imposer aux assureurs de remonter leurs primes.

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