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Trois questions à Julien Rencki, directeur général du Fonds de garantie des victimes des actes de terrorisme et d’autres infractions (FGTI)

Publié le 19 octobre 2020 à 8h00    Mis à jour le 20 octobre 2020 à 18h21

jc.manuceau@tribune-assurance.fr

Y a-t-il eu un avant et un après 2015 pour la prise en charge des victimes d’attentats ?

L’année 2015, qui commence par l’attentat de Charlie Hebdo, ouvre une période sans précédent dans notre pays, avec en particulier les attentats de masse du 13 novembre 2015 puis celui de Nice le 14 juillet 2016. Le FGTI a dû s’adapter à l’ampleur du phénomène en renforçant rapidement ses équipes. En cinq ans, nous avons pris en charge près de 6 300 victimes d’attentats, contre 5 600 au cours des vingt-huit premières années d’existence du fonds. Le défi a aussi été financier, avec la forte croissance des dépenses pour indemniser ces victimes, parfois grièvement blessées. Enfin, cette vague d’attentats nous a conduits à passer d’une approche un peu « administrative » à un accompagnement plus personnalisé. Le processus médico-légal est long et complexe, et certaines victimes nous saisissent plusieurs années après. Nous avons ainsi reçu 150 nouvelles demandes d’indemnisation ces dix-huit derniers mois au titre de l’attentat de Nice.

Comment s’articule le rôle du FGTI avec l’assurance ?

En matière de dommages liés au terrorisme, les atteintes aux biens relèvent de l’assurance, les atteintes à la personne du FGTI. Mais les victimes peuvent avoir souscrit des garanties assurantielles (garantie accident de la vie par exemple). Dans ce cas, et compte tenu du principe de réparation intégrale, les sommes payées à la victime par son assureur viendront en déduction de l’indemnisation versée par le FGTI.

Quels sont les délais ?

La prise en charge est très rapide. Les équipes s’attachent notamment, dans les jours qui suivent l’attentat, à verser aux victimes ou à leurs...

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