Le marché étant cyclique, l’assouplissement partiel de la souscription des grands risques ne surprend personne. Mais la pérennité de ce mouvement est tout sauf certaine dans un contexte économique et géopolitique très changeant.
Lors de son départ à la retraite, en fin d’année 2025, Kadidja Sinz, alors responsable Europe de Liberty Specialty Markets, a offert à son successeur, Pierre-Édouard Fraigneau, une boule de cristal. Un clin d’œil révélateur des nombreuses incertitudes qui pavent le chemin des grands risques. « Traditionnellement, les cycles "soft" sont plus longs que les phases de durcissement, donc on pourrait n’être qu’au début d’une période très concurrentielle », observe Karine Paul, directrice de la distribution clients et courtiers pour l’Europe continentale chez Liberty Specialty Markets, tout en listant les différents défis qui complexifient d’ores et déjà l’appréhension des grands risques. « Les tensions géopolitiques actuelles influent sur le renouvellement de beaucoup de lignes : risques financiers, cyber, RC générale », signale-t-elle.
Ambivalence
Chez Intact Insurance, Amélie des Monstiers, responsable du développement commercial France, confirme l’accentuation de la complexité des risques majeurs dans un contexte d’incertitudes internationales, qu’il s’agisse de supply chain, de cyber ou de catastrophes naturelles, et précise que « l’innovation et la data sont des leviers essentiels pour transformer ces défis en opportunités ». Toutefois, les défis identifiés ne se concrétisent pas forcément par de nouveaux contrats. « Nous avons été surpris de ne pas avoir observé de hausse de souscriptions en terrorisme et violences politiques, précise ainsi Karine Paul. La méconnaissance de ces garanties est l’une des raisons que nous pouvons avancer. » Ce rendez-vous presque manqué entre les offres des assureurs et les grandes entreprises est effectivement un point marquant de ces renouvellements.