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Trois questions à Hubert Carré, directeur général du Comité national des pêches maritimes et des élevages marins (CNPMEM)

Publié le 18 mai 2017 à 8h00

jc.manuceau@tribune-assurance.fr

Quels vont être selon vous les principaux enjeux du Brexit pour la filière pêche française ?

Le Royaume-Uni a déclenché fin mars l’article 50 du traité de Lisbonne pour demander le retrait de l’Union européenne. Le processus de sortie est enclenché. S’engage maintenant une négociation de dix-huit mois avec les états membres.

Pour bien comprendre la situation, il faut rappeler d’une part que la convention de Montego Bay de décembre 1982, convention des Nations unies sur le droit de la mer, reconnaît aux états côtiers une souveraineté jusqu’à 200 milles nautiques (soit 350 km) pour les ressources pétrolières, halieutiques, etc. Il s’agit de la zone économique exclusive (ZEE). D’autre part, la politique commune de la pêche (PCP) en 1983 a mutualisé les zones de pêche des états membres de l’Union européenne.

En fait, les Anglais considèrent à tort, d’une part, que cette PCP est à l’origine de la destruction de leur flottille, et d’autre part que le Brexit va leur permettre de s’affranchir de la reconnaissance des droits historiques, reconnus en droit international. Ils réclament l’exclusivité des droits de pêche à leur profit dans leurs eaux et veulent pourtant continuer à exporter leurs produits vers la France, l’Italie et l’Espagne. La France étant leur premier client.

Les pêcheurs français, bretons, normands et des Hauts-de-France sont très inquiets de ne plus pouvoir accéder aux ressources dans les eaux anglaises, notamment en mer Celtique. Les principaux enjeux du Brexit sont de maintenir les droits historiques, les niveaux de quotas et d’obtenir que la pêche soit au cœur des négociations.

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