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Trois questions à Finbarr Murphy, maître de conférences à la Kemmy Business School de l’université de Limerick (Irlande)

Publié le 28 mai 2018 à 8h00

jc.manuceau@tribune-assurance.fr

Comment le marché de l’assurance perçoit-il le risque des nanotechnologies ?

Les compagnies d’assurance ont été particulièrement touchées par la crise de l’amiante, qui continue de leur coûter plus de 100 Md€. La mémoire institutionnelle de ce dommage cumulatif les a rendues prudentes sur les nanomatériaux. Cette inquiétude s’est atténuée ces dix dernières années pour céder la place à de nouveaux risques émergents tels que cyberterrorisme et changement climatique. L’absence d’événement défavorable notable a largement contribué à banaliser les nanomatériaux.

La situation pourrait-elle changer ?

Un événement indésirable, sinistre réel ou perçu comme tel par l’opinion publique, pourrait changer la donne. Une campagne négative sur l’utilisation de nanomatériaux relayée par les médias sociaux pourrait inciter les assureurs à retirer leur couverture. C’est pourquoi la recherche sur les risques liés aux nanomatériaux est si importante. Tout comme la diffusion des recherches auprès des organismes de réglementation, des assureurs et du grand public.

La diffusion des connaissances sur les nanomatériaux demeure-t-elle le principal défi en 2018 ?

Les assureurs sont actuellement incapables de différencier objectivement les activités à risque sur les nanomatériaux. La connaissance du risque est fondamentale et la communauté scientifique a un rôle clé à jouer à cet égard. Car elle seule peut fournir l’expertise nécessaire pour permettre aux régulateurs et assureurs de mieux comprendre les risques émergents des nanotechnologies. En conséquence, l’industrie de l’assurance doit encourager la communauté scientifique à considérer la souscription dans le cadre des recherches sur l’évaluation des risques. Cela pourrait être réalisé en incluant la souscription dans les financements de la recherche aux niveaux national, européen et mondial.

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