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Fraude

Si j'étais président...

Publié le 8 février 2016 à 8h00    Mis à jour le 15 février 2016 à 17h44

Laura Fort

Beaucoup d’entreprises françaises ont déjà été victimes d’une tentative ou d’une fraude au président avérée ces cinq dernières années. Comment l’assurance peut-elle prendre en charge ce phénomène d’escroquerie au faux virement international ? Et quel coût une telle couverture représente-t-elle pour l’entreprise ?

Laura Fort
Journaliste

Bonjour, c’est Nicolas Moreau. Je pars demain en déplacement en Chine pour signer un nouveau partenariat. Faites-moi rapidement un virement de 500 000 € sur le compte sécurisé de ICBC, comme d’habitude ! Je vous confirme tout de suite ma demande par mail. » Voilà l’appel qu’un comptable d’Axa France pourrait recevoir, en étant persuadé qu’il s’agit bien là de la voix de Nicolas Moreau et en recevant un mail de confirmation à en-tête de la direction d’Axa signé de sa main… Tel est le procédé machiavélique de l’arnaque dite « au faux président » ou aux « faux ordres de virement international » (FOVI). En se faisant passer pour un PDG ou un cadre supérieur, les escrocs appellent le service comptabilité ou achat, et prétextent l'imminence d'une opération (OPA, déplacement, contrôle fiscal), afin d'obtenir un ou plusieurs virements internationaux.

Don pour la comédie

La Police judiciaire reconnaît que ce type de fraude « demande une autorité naturelle, un certain aplomb et, il faut bien le reconnaître, un don pour la comédie ». Car les escrocs sont non seulement capables d’imiter la voix du dirigeant, mais aussi de citer des noms de salariés de l’entreprise ou de faire référence à des procédures maison. Sans compter le recours à de faux cabinets d’avocats ou l’envoi de lettres recommandées pour appuyer leur demande. L’argent ainsi soutiré transite principalement par la Chine avant d’atterrir le plus souvent en Israël, pour des sommes comprises entre 50 000 € et 14 M€.

« Après s’être rendu compte qu’il...

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