Dans un marché saturé, l'émergence de nouveaux modes de mobilité et l'attrait de l'intermodalité lancent un nouveau défi aux assureurs auto. Des actuaires aux chefs de produit, plus personne ne peut faire l'impasse sur le phénomène.
Les automobilistes sont-ils en train d'amorcer un virage dans la façon d'utiliser leurs véhicules ? On peut le penser. A l'instar des Bluecar (Autolib') qui sillonnent les rues parisiennes depuis trois mois, plusieurs initiatives d'autopartage se développent, modifiant doucement, mais sûrement, le modèle traditionnel de l'assurance automobile.
C'est en tout cas un phénomène qui pose question car, s'il demeure encore marginal (13 % des individus déclarent avoir pratiqué le covoiturage en 2010 - dont 25 % des moins de 21 ans - et 1 % a eu recours à l'autopartage), il semble correspondre à une demande des consommateurs. Et même si trois quarts des Français disent ne pas vouloir se séparer de leur voiture, les déplacements évoluent, tout comme les mentalités. « Aujourd'hui, les consommateurs sont moins dans une logique de possession que dans une logique de service et d'utilisation, analyse Olivier Jarry, président du groupe de travail permanent automobile à la FFSA. Une tendance lente, mais déjà présente depuis quatre ou cinq ans. »
Un mouvement qui s'est d'abord illustré par le covoiturage, puis par l'autopartage. En cause, des aspects environnementaux et une conscience plus "éco-citoyenne". Mais ce ne sont pas les seules explications. Le coût de la possession d'un véhicule (entre 5 000 et 6 000 € par an, en moyenne) y est également pour beaucoup, car il pèse sur le budget global des ménages, déjà tendu par le contexte économique. Les ventes de véhicules s'en ressentent avec un effondrement en ce début d'année.