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Reportage

Le musée de Montargis sauvé des eaux

Publié le 20 mars 2019 à 8h00

Sarah Hugounenq

Trois millions d’euros de dommages et deux ans de retard sur le chantier de rénovation. Tel est le lourd bilan de la crue du Loing le 31 mai 2016 qui inonda pendant soixante-douze heures le musée Girodet de Montargis (région Centre-Val de Loire) et immergea ses précieuses collections. A l’occasion de la réouverture du musée en décembre dernier, retour sur la gestion de crise de cette catastrophe.

Sarah Hugounenq
journaliste

La rénovation allait bon train. Le bâtiment flambant neuf de l’hôtel Durzy à Montargis (Loiret) où est installé le musée Girodet devait être livré mi-juin 2016, tandis que la totalité des 5 000 œuvres de sa collection sortaient de restauration. Pourtant, le bâtiment ne fut inauguré qu’à la veille de Noël 2018, soit plus de deux ans plus tard. Pour une fois, ce ne sont pas les entreprises du BTP qui sont à incriminer, mais la crue de la Seine et ses affluents, parmi lesquels le Loing baignant de ses bras la sous-préfecture du Loiret. Le vendredi 31 mai, alors que la montée des eaux était progressive et contenue, le canal de Briare céda, déversant en quelques minutes 400 000 m3 d’eau. En première ligne sur la berge, le musée municipal prit la vague de plein fouet et se retrouva sous 1,50 mètre d’eau. Bien que déplacées dans une réserve transitoire à cause des travaux, 3 000 œuvres d’art sur les 5 000 qu’en comporte sa collection n’ont pas été épargnées, loin s’en faut. Avec la vague submersive, la salle des coffres (avec double cuvelage au sous-sol de l’hôtel communautaire transformé en réserves temporaires) a été entièrement engloutie avec tout ce qu’elle contenait. Les tableaux du Siècle d’or espagnol signés Zurbaran, du XVIIe italien signés Solimena ou Bellotti, ou encore le fonds le plus riche de France après celui du Louvre du disciple de Jacques-Louis David Anne-Louis Girodet ont été noyés pendant soixante-douze heures.

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