Bien que qualifié de "bon risque", aucune police ne couvre toutes les activités ni tous les acteurs intervenant dans un port. Aujourd'hui, outre la sûreté, ce sont les questions liées à la continuité d'exploitation de ces infrastructures hors normes qui prédominent.
C'est l'un des paradoxes de l'assurance : sans les ports, elle n'existerait pas. Dès l'Antiquité, les peuples qui pratiquaient le commerce maritime ont cherché les moyens de sécuriser leurs entreprises. Ce sont les périls de la mer qui ont révélé aux hommes la nécessité d'une assistance mutuelle, fondement du principe de l'assurance. L'assurance se complexifie en Europe après la Renaissance. A la fin du xviie siècle, l'importance croissante de Londres en tant que centre de commerce tire la demande pour des assurances maritimes. Edward Lloyd ouvre une taverne qui devient un repère pour les marins et les affréteurs, et par la suite une source d'information sur le monde maritime. Son auberge se transforme alors en un lieu de rencontre entre ceux cherchant à assurer leurs bateaux et ceux proposant une couverture.
Porte d'entrée
Aujourd'hui encore, le Lloyd's reste le haut lieu de l'assurance maritime. Pourtant, à Londres comme à Paris, aucune compagnie ne semble en mesure d'élaborer une police globale couvrant toutes les activités portuaires et tous ceux qui y travaillent. Que ce soit AIG, Helvetia, Allianz ou d'autres parmi les principaux acteurs du marché, personne n'est jamais parvenu à proposer un contrat "tout en un" à ses clients exploitants ou propriétaires portuaires. Pourtant, un tel contrat pourrait s'imposer. Notamment en France tant les ports, points d'entrée et de sortie des marchandises, sont cruciaux pour le pays. Plus des trois quarts du commerce extérieur y transitent. Les ports français, à l'image de Marseille et du Havre, ont pourtant du mal à rivaliser avec leurs homologues européens (voir tableau ci-contre).