Dès le samedi 28 février, lors des premiers tirs en Iran, une partie du monde de l’assurance maritime a dû gérer des résiliations. Les placements en risques de guerre ont ensuite occupé les équipes, avec une certaine hétérogénéité en fonction des configurations.
La guerre au Proche-Orient a bloqué environ 4 % du tonnage mondial, ont estimé les analystes de Clarksons, soit environ 3 200 navires, incluant 1 200 unités n’opérant que dans le golfe Persique (navires offshore consacrés à l’extraction du pétrole compris). « Quand on évoque les résiliations, on peut parler de celles concernant l’assurance dommage corps et machines, cargo ou responsabilité civile, récapitule Gilles Légué, responsable maritime de Marsh France. Et pour ce dernier volet, pour lequel la zone n’était pas exclue jusqu’alors, la première notice fut celle du Korea P&I Club, le 28 février, puis l’ensemble des P&I de l’International Group ont suivi en quelques heures, avec une période de notice très courte. » Soit soixante-douze heures pour l’extension de risque de responsabilité des affréteurs. « C’est tout à l’honneur des P&I d’avoir prévenu les armateurs aussi vite, dès qu’ils ont reçu la notice de leurs réassureurs, précise Gilles Légué. Mais ce marché est dans un goulet d’étranglement avec un panel d’intervenants très réduit et commun aux clubs. »
En effet, comme les risques de guerre sont exclus des couvertures P&I (assurance de protection et d’indemnisation), les clubs proposent des garanties à prime fixe en responsabilité civile affréteur, dites « non-poolables ». « Les réassureurs sont souvent des syndicats en Marine Liability Insurance qui interviennent au Lloyd’s à la fois en assurance et en réassurance, complète le courtier. C’était déjà le cas lors du...