Si l’assurabilité du risque est désormais actée, le cyber continue d’interroger le marché, entre extrême prudence et forts espoirs.
Le calme après la tempête ? Si le catastrophique exercice 2020 du risque cyber reste de sinistre mémoire pour l’industrie de l’assurance, « le redressement a porté ses fruits : le segment des grandes entreprises est à nouveau bénéficiaire », pointe Philippe Cotelle, président de la commission cyber de l’Amrae dans la deuxième étude de l’association des risk managers sur l’assurance du risque cyber en France. La branche affiche désormais un ratio S/P global de 88 %, et même 58 % pour les seules grandes entreprises selon l’Amrae.
Concrètement, le volume de primes versées par les entreprises assurées a augmenté de 44,4 % alors que les capacités souscrites ont baissé pour la quasi-totalité des typologies de risque et que les franchises ont atteint des niveaux inédits avec près de 4 M€ de moyenne pour les grandes entreprises. De fait, le marché s’est vite redressé mais ces nouvelles conditions ont fait fuir certains assurés : « 4,4 % des groupes précédemment assurés ont préféré trouver d’autres solutions de couverture du risque cyber », poursuit Philippe Cotelle. Onze des 251 grandes entreprises qui avaient souscrit une garantie cyber en 2020 ont préféré renoncer en 2021 (selon une enquête menée par l’Amrae, au printemps 2022, auprès de sept courtiers grands risques).
Résultats techniques volatils
Le tout sachant que la prudence reste de mise du côté des assureurs dont les résultats techniques sur le segment restent très volatils, en témoigne le S/P de 44 % en 2019, avant le pic de 190 % l’année suivante. Les...