Dans un contexte de crise profonde du secteur de la construction, les assureurs font face à une baisse de la matière assurable, alors que les tarifs des primes et la sinistralité sont au plus haut.
Une note de tendance publiée en novembre dernier par la Fédération française du bâtiment (FFB) prédit une sortie de crise encore lointaine pour le secteur de la construction. La production globale du bâtiment continue de reculer en volume (-1,6 % entre le troisième trimestre 2024 et le même trimestre 2025). Si le segment du neuf montrait une progression de la production de 40,3 % sur trois mois à fin septembre 2025, notamment grâce à la réouverture du prêt à taux zéro (PTZ) pour l’individuel, l’activité en rénovation poursuivait son décrochage, enregistrant un recul de -1,2 % en volume sur la même période. Seulement 274 000 logements collectifs et individuels ont été mis en chantier en 2024, contre 414 000 en 2021. Parallèlement, les faillites d’entreprises dans la construction augmentent d’année en année : selon l’Insee, de 6 056 défaillances constatées en 2021, ce nombre est passé à 11 835 en 2023, pour atteindre 14 838 en 2024 (+25 % par rapport à 2023). La période actuelle n’est pas non plus propice aux projets immobiliers : « En mars se tiendront les élections municipales. Les mois précédant cette échéance, il y a systématiquement un ralentissement très net des nouveaux projets », relate Nathalie Dautry. La directrice du département construction et immobilier de WTW opère un distinguo entre, d’une part, les entreprises de construction d’infrastructures et les grands acteurs du secteur qui se maintiennent malgré ...