1 500 tonnes, dix-huit mois d’études, une centaine d’intervenants et quelques frissons. Telle est la recette d’une opération inédite en France : le déplacement d’un monument historique dans son intégrité. Retour sur un cas à risques multiples.
Ensommeillé depuis sa création en 1928, le monument à la gloire des combattants de Haute-Garonne à Toulouse est devenu l’espace de quelques heures l’un des édifices les plus commentés de France, particulièrement dans les bureaux des assureurs BTP. Cette soudaine renommée repose sur les prouesses d’ingénierie technique et de calcul des risques qui furent déployées au profit de sa préservation. Alors qu’une nouvelle ligne de métro est en cours de construction dans la Ville Rose nécessitant l’extension de la station François Verdier, en surface, l’arc de triomphe de 16 mètres de haut empêchait par sa charge au sol le bon déroulement du chantier.

Maître d’ouvrage de ce chantier métropolitain colossal de 3 Md€, le syndicat des transports de la ville, Tisséo, étudiait les solutions par l’entremise de l’agence d’architectes et ingénieurs Arc & Sites. Rapidement, les hypothèses d’un maintien in situ du monument pendant les travaux sur d’énormes pieux de béton plongeant à plus de 50 mètres de profondeur ou son démontage pierre à pierre étaient écartées. Le premier scenario faisait peser – le terme est faible face au 1 500 tonnes de l’édifice – des risques trop importants, tandis que la seconde idée était rendue impossible par la découverte, lors d’un sondage par géo-radar, que son entablement et attique formaient un tout solidaire de 700 tonnes.
Ingénierie et gestion des risques
L’unique issue possible de l’opération était donc la rotation entre les allées de platanes de l’avenue Verdier puis le glissement de l’édifice...