Les primes d’assurance habitation continuent de grimper, tirées par des coûts élevés de réparation et des sinistres climatiques qui ne faiblissent pas. Sur le terrain, assureurs et courtiers constatent une mutation profonde du marché. Jusqu’où ira-t-elle ? Derrière l’augmentation des tarifs se joue également la question épineuse de l’assurabilité.
Depuis plus de trois ans, la multirisque habitation (MRH) s’écarte durablement de ses équilibres techniques. Les assureurs interrogés décrivent tous un marché où la hausse des primes ne compense qu’imparfaitement la progression des coûts. « La prime repose sur différents éléments, notamment la fréquence et la gravité des sinistres, les coûts de réparation... À fréquence stable, l’augmentation moyenne des coûts de réparation suffit à dégrader les équilibres techniques, même sans hausse marquée du nombre de sinistres », rappelle Julien Hue, directeur de l’offre assurance dommages de la Macif. Depuis 2022, les indices du bâtiment et de la construction progressent, alimentant une pression structurelle sur les sinistres. La Macif explique également qu’il ne s’agit pas d’une baisse des coûts, mais d’un ralentissement de leur hausse, ce qui peut générer de l’incompréhension pour les assurés.
Les autres acteurs confirment également la même dynamique. « Depuis 2021, le coût moyen de réparation a augmenté d’environ 14 %. À sinistralité constante, cette inflation du coût des réparations dégrade mécaniquement les équilibres techniques des assureurs », observe Samuel Morieux, directeur mobilités et multirisque du groupe Leader Insurance. Qu’il s’agisse d’assureurs ou de courtiers, un constat est partagé : impossible d’absorber cette dérive sans revaloriser les primes. Du point de vue macro, les analyses sectorielles menées par Facts & Figures confirment ces tensions : le ratio combiné...