Le succès des plateformes de streaming a donné un coup de fouet à une production télévisuelle plombée par la pandémie. Dans ce marché de niche, une poignée d’acteurs fait jouer son expertise pour couvrir des risques variés. Proche de celle pour le cinéma, l’assurance des séries TV présente toutefois quelques particularités.
Le pire est passé. « Après une période de forte incertitude entre 2020 et 2022, les productions télévisuelles ont progressivement repris, soutenues notamment par la demande croissante des plateformes de streaming et par les diverses incitations fiscales des pays européens, par exemple le financement Tax Shelter en Belgique », constate Tom Beke, Chief Sales Officer chez Circles Group. On peut même dire que le secteur a le vent en poupe. En 2023, les devis de fiction audiovisuelle aidée par le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) s’établissent à 1,103 Md€, dépassant pour la deuxième fois depuis 1986 le milliard d'euros. Le coût horaire a franchi pour la première fois le seuil du million d’euros, à 1 033 700 €/heure. Cette tendance haussière s’est toutefois essouflée ces derniers mois, la commande de fictions dans le monde ayant baissé de 25 % par rapport au pic d’il y a quelques années, selon les données d’Ampère Analysis.
Coût modeste
Quelle est la part du gâteau pour l’assurance ? La prime est calculée sur un budget net assurable – c’est-à-dire le budget brut duquel on retire les éléments non assurés (publicité, frais généraux, assurance elle-même). Le taux appliqué varie selon le type de production, les lieux de tournage, les risques spéciaux (cascades, tournage en milieu hostile, etc.). En appliquant la fourchette de 1-2 % aux seuls devis de fiction audiovisuelle aidée (1,1 Md€ en 2023), on obtient une estimation de marché comprise entre 11 et 22 M€ de primes annuelles –...