Les cyber-menaces pesant sur le secteur du transport sont désormais concrètes. En juin 2017, l’armateur A.P. Moller-Maersk a ainsi fait les frais d’un ransomware qui s’est propagé aux quatre coins du monde à partir d’un logiciel de comptabilité. Cette cyber-attaque a permis de mesurer les conséquences, sur l’ensemble de l’écosystème transport, de la fragilisation d’une seule entreprise puisque le groupe Maersk a dû fermer des terminaux portuaires en Argentine, en Inde, en Europe ou encore aux états-Unis. En tout, 76 terminaux ont été totalement désorganisés, la localisation des conteneurs perdue et le système de réservation en ligne paralysé pendant une semaine, occasionnant une perte d’exploitation, chiffrée par le groupe danois entre 250 et 300 M$. Petya a fait diminuer le volume de marchandises transporté par la société de 2,5 % au troisième trimestre 2017 sans fort heureusement avoir d’impact sur le fonctionnement des bateaux. Toutefois, la passerelle des navires ne peut pas pour autant être considérée comme une bulle isolée de toute menace terrestre. Francis Baudu, arbitre maritime, cite ainsi dans la lettre d’information de la chambre arbitrale maritime de Paris deux types de cyber-attaques possibles : « Le brouillage ou jamming par lequel le navire perd le fil de son information et répondra par une route erratique et une navigation erronée », mais aussi « la mystification ou spoofing qui fera envoyer par l’AIS (Autom...
A la merci des pirates
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