Quels sont les risques liés à la corruption ?
Ils sont nombreux. Il y a d'abord des risques commerciaux, avec l'exclusion de marchés publics, notamment par les institutions financières publiques ou parapubliques de chaque pays. Il y a ensuite des risques de perte de contrats en chaîne, ainsi que des risques d'image et de réputation, avec des conséquences pécuniaires et le risque de baisse du cours de l'action. Enfin, il y a un risque de déstabilisation de l'organisation interne de l'entreprise, notamment lorsqu'un manager est visé par une enquête.
Quel pays montre aujourd'hui l'exemple en la matière ?
Au niveau international, les autorités américaines sont actuellement les plus actives et les plus sévères pour faire appliquer leur réglementation anticorruption. Grâce au FCPA (Foreign Corrupt Practices Act) qui date de 1977, le département de la justice des Etats-Unis (DOJ) peut s'attaquer à n'importe quelle entreprise (américaine ou non) soupçonnée de corruption dans le monde. Pour fonder la compétence des autorités américaines, il suffit par exemple qu'un email transite par un serveur américain ou qu'un pot-de-vin ait été versé en dollars.
Que faut-il faire pour endiguer ce phénomène aujourd'hui en France ?
Aujourd'hui, le UK Bribery Act crée un quasi-délit de "non-conformité" face aux normes anticorruption. Une entreprise impliquée dans une affaire peut être sévèrement sanctionnée pour ne pas avoir mis en place de dispositif anticorruption. Ainsi, toutes les entreprises britanniques, ou en relation d'affaire avec une entreprise anglaise, sont concernées et peuvent être épinglées. Chez Transparency France, nous plaidons pour un système...