Les schémas collaboratifs ont le vent en poupe chez les mutuelles de proximité. Depuis quelques années, des fédérations et unions comme la Fnim ou Enio donnent aux petites et moyennes mutuelles les armes pour aller se battre ensemble sur le terrain de la santé et de la prévoyance collective. Un enjeu clé à l’heure où la réforme de la PSC de la fonction publique restructure le marché en profondeur.
La tendance est inexorable. Depuis dix ans, les chiffres de l’ACPR constatent la diminution régulière du nombre de mutuelles en France. Des 371 mutuelles de livre II (non substituées) recensées en 2014, il n’en restait plus que 242 fin 2024. Et que dire du début des années 2000, où le marché français comptabilisait encore plus de 1 500 établissements. Conséquence d’un mouvement porté par le poids croissant de la réglementation et l’intensification de la concurrence, de grands groupes mutualistes se sont constitués. Un phénomène évidemment marqué chez les mutuelles « 45 » et sur le marché de la complémentaire santé, qui a vu l’émergence de véritables usines à mutuelles. Comme la constitution du Groupe Vyv, qui a embarqué les « interpros » d’Harmonie mutuelle et plusieurs mutuelles de la fonction publique comme MGEN, MMG et MNT dans le même bateau. On peut également citer Aésio, fruit de la fusion entre Adréa, Apréva et Eovi-MCD, qui est entré dans le contexte plus large d’Aéma au côté de la Macif et d’Abeille assurances. Ou encore La Mutuelle générale, qui a flirté avec de nombreux partenaires avant de trouver enfin l’âme sœur l’année dernière avec CNP assurances. Un mariage qui acte aussi la disparition, effective depuis quelques années, des frontières entre les différentes familles de l’assurance. Les regroupements mutualistes s’opèrent désormais aussi, de manière naturelle, sous l’aile protectrice des Covéa, Matmut, AG2R La Mondiale et autres Malakoff Humanis.
Mutualistes résistants
Mais au...