Face à la montée du « data poisoning » ou des « hallucinations » des IA, le marché de l’assurance s’organise. L’offre, fragmentée, impose bien souvent des conditions très strictes, et les données manquent encore pour évaluer les risques à leur juste valeur.
À l’instar de la problématique du Silent Cyber qui a bousculé le marché il y a quelques années, la Silent IA (ou IA silencieuse) s’impose aujourd’hui comme une préoccupation majeure pour l’ensemble du marché français de l’assurance. Ce terme désigne l’exposition des polices d’assurance à des sinistres générés par l’intelligence artificielle (IA), sans que cette technologie n’ait été explicitement mentionnée dans la police, puisque son existence n’avait pas été anticipée au moment de la souscription.
De fait, un certain nombre de polices d’assurance vont pouvoir couvrir les risques générés par une IA, sachant qu’une seule police traditionnelle ne couvrira pas l’ensemble des risques liés à l’IA mais que plusieurs polices vont couvrir différents aspects des sinistres générés par l’IA.
Anat Lior, professeure adjointe de droit aux universités Drexel et Yale et chercheuse associée à l’Information Society Project (ISP) de la Yale Law School, a examiné dans son article « E/Insuring the IA Age »(1) la couverture de ce risque par des polices traditionnelles ; comme elle l’explique, les risques liés à l’IA peuvent, pour la plupart, être couverts par une police d’assurance, mais chacune de ces polices a un périmètre limité pour la couverture de ces risques(2) :
Le même constat a été fait par Geneva Association dans son rapport d’octobre 2025 sur les « Gen AI Risks for Businesses : Exploring the role for insurance »(3).
Un marché en cours d’organisation
Le marché s’organise face à la montée de ces risques. Selon le Financial Times(4), si certains assureurs, comme AIG, Great American et W. R. Berkley, ont récemment demandé l’autorisation du régulateur américain d’exclure le « risque IA » de leurs couvertures aux entreprises, d’autres acteurs du marché développent au contraire une offre pour couvrir ces risques.
Geneva Association, « Gen AI Risks for Businesses : Exploring the role for insurance », octobre 2025.