Cyberattaques

Guerre cyber : « Kenavo » ou « Do svidaniya » ?

Publié le 1 avril 2025 à 9h01

LPA Law    Temps de lecture 4 minutes

Depuis le 1er avril au matin, une succession de cyberattaques touche à la fois les habitants, les commerçants et les administrations de Vannes. Ces désordres en série laissent imaginer ce que pourraient représenter de telles actions si elles étaient orchestrées à l’échelle continentale.

Eleonora Sorribes, avocate associée, Maxime Ramos-Guerrero, avocat, Yvan Lazarevic, élève-avocat, LPA Law

Des robots aspirateurs exécutant des trajectoires en forme d’étoiles sur le sol, des assistants vocaux refusant de répondre autrement qu’en russe et le Wi-Fi municipal renommé « Vladimir_5G », c’est face à cette situation que se trouvent les Vannetais depuis ce mardi 1er avril. Une cyberattaque d’origine inconnue – mais très probablement dotée d’un fort accent russe – a transformé la paisible commune bretonne en une enclave numérique.

Les premiers signalements ont été rapportés au petit matin : tandis que des montres connectées affichaient l’heure de Moscou, les télévisions diffusaient en boucle la première chaîne publique russe. Un restaurateur, utilisateur d’un robot, témoigne, démuni : « Mon appareil refuse de me faire autre chose que du bortsch et des blinis. » Des habitants affirment de leur côté que leurs thermostats connectés ajustent automatiquement la température des habitations à un froid sibérien. « Mon GPS indique que l’on se trouve à Vladivannetsk », soupire un livreur à vélo désorienté. Les applications de covoiturage ont également été affectées, « Vannes-Sibérie Express » remplaçant « Vannes-Gare ».

Gueule de bois collective à l’hôpital

Au centre hospitalier de Vannes, la situation ne prête guère à sourire, les dossiers médicaux ayant été modifiés pour attribuer aux patients de l’hôpital un taux d’alcoolémie digne d’une soirée cosaque. « Je venais pour une simple prise de sang et on m’a interdit de conduire sous prétexte que j’ai 3,2 grammes d’alcool », confirme un habitant souhaitant rester anonyme. Les distributeurs automatiques de l’établissement ont également subi des mutations étranges : un patient de l’hôpital ayant voulu s’offrir une bouteille d’eau pétillante s’est retrouvé avec un verre de Samogon, une liqueur artisanale russe. « D’un côté, ça réchauffe », relativise-t-il.

Néanmoins, la direction de l’hôpital a été rapide à réagir : « Nous avons immédiatement alerté notre service informatique. Ils travaillent d’arrache-pied pour restaurer les dossiers médicaux et s’assurer que personne ne repart avec une prescription de caviar à la place d’anxiolytiques. Qui plus est, nous n’avons pas remplacé le sérum physiologique par de la vodka. » À l’annonce, certains patients semblaient toutefois déçus.

Une cyberattaque cousue de fil rouge

Les experts en cybersécurité sont perplexes : « C’est clairement une attaque d’origine étatique. Cependant, il y a toujours une possibilité que ce soit un Breton ayant un peu trop forcé sur le chouchen. » Bien que l’origine exacte de l’attaque n’ait pas encore été confirmée, les autorités vannetaises assurent prendre la situation très au sérieux. « Nous incitons les habitants à ignorer toute demande suspecte de virement en roubles », déclare-t-on du côté de la municipalité.

Il n’empêche que la panique est bien réelle ; certaines écoles primaires ont mis en place des cours accélérés de russe, « par précaution », affirme un enseignant. « Mon frigo m’appelle camarade et me propose une bière à chaque ouverture. Je ne suis pas sûr de vouloir qu’on le répare », confie pour sa part un Vannetais résigné mais philosophe.

Si les efforts des autorités se poursuivent afin de déterminer l’origine de l’attaque et en limiter les conséquences, une chose est sûre : à Vannes, le cidre local a un sérieux concurrent. Face à l’ampleur de l’attaque, la municipalité de Vannes se tourne désormais vers son assureur pour évaluer les dégâts.

Vannes en crise diplomatique… avec son assureur

Alors que Vannes tente de sortir de son jumelage forcé avec Moscou, la mairie se heurte à un obstacle majeur : son assureur. « Nous couvrons les cyberattaques, mais voir une ville bretonne devenir un oblast, là, on sort clairement du cadre contractuel », explique un gestionnaire.

Face à l’impasse, la ville envisage de revoir son contrat. « On va peut-être ajouter une option ingérence étrangère et passage en économie planifiée », affirme un adjoint avant d’être interrompu par le système d'alarme urbain diffusant l’hymne russe à plein volume dans toute la ville.

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