Bruxelles tente de donner un second souffle au PEPP, son produit d’épargne-retraite paneuropéen. La Commission en fait un élément clé de son projet SIU, pour orienter l’épargne des Européens vers les entreprises du Vieux Continent.
Suffit-il de vouloir soutenir l’investissement dans l’économie réelle européenne pour convaincre les citoyens de l’UE de l’intérêt d’y migrer leur épargne ? L’idée n’est pas nouvelle à Bruxelles, où, depuis dix ans, l’on ne ménage pas ses efforts réglementaires pour convaincre de l’intérêt de cette stratégie. Mais voilà que le contexte géopolitique rattrape les dernières initiatives de la Commission et celles de Paris, passées récemment en revue à l’occasion du congrès de l’Association nationale des juristes de l’assurance et de la réassurance (Anjar).
Un long chemin vers l’épargne-retraite « made in UE »
En 2016, l’entrée en vigueur de la directive UE n°2016/97 sur la distribution des produits d’épargne, dite DDA, avait déjà mis l’accent sur la notion de value for money et l’intérêt du client dans la distribution en assurance. Ce même mantra européen a inspiré la RIS (Retail Investment Strategy) qui, en mars 2025, permettait à la Commission européenne de présenter au Conseil la stratégie relative à une Union de l’épargne et des investissements, la fameuse SIU (Savings and Investments Union). Son but : « orienter chaque année des centaines de milliards d’euros d’investissements supplémentaires vers l’économie européenne, aidant ainsi à stimuler la compétitivité, l’autonomie stratégique et la sécurité économique de l’UE ». Neuf mois plus tard, l’exécutif européen dévoilait la structure du futur arsenal réglementaire « sur l’intégration des marchés et la surveillance », destiné à faciliter « l’accès des investisseurs à un large éventail de possibilités d’investissement » et à aider « les entreprises à mobiliser plus facilement des capitaux au-delà des frontières ».