Abonnés

NewSpace

Faux départ au lancement pour l'assurance spatiale ?

Publié le 16 mars 2023 à 6h00

Juliette Lerond-Dupuy    Temps de lecture 11 minutes

Le retour à la réalité a été difficile pour les opérateurs du « NewSpace » qui se sont vu rappeler que la piste aux étoiles était une industrie risquée mais aussi pleine de promesses pour les assureurs.

2022 a été marquée par une série d’échecs au lancement, une douzaine sur 182 à travers le monde, dont l’explosion du lanceur Vega-C opéré par Arianespace, l’échec de la capsule New Shepard de la compagnie Blue Origin destinée au tourisme spatial, puis les ratés successifs des sociétés de lancements (iSpace en Chine, Astra et Firefly aux États-Unis). Plus récemment, l’échec du lundi 9 janvier 2023 a déçu les espoirs du Royaume-Uni. Le lancement de la première fusée dans l’espace depuis le sol britannique, opérée par Virgin Orbit, devait mettre en orbite neuf satellites, à usages civil et militaire, et permettre au Royaume-Uni de faire partie du club fermé des pays lanceurs.

« Le spatial, encore plus que l’aviation, est une branche à l’équilibre primes/sinistres précaire, car il y a très peu d’événements à assurer. Il y a en moyenne vingt-cinq lancements assurés par an. Il est donc facile de passer d’une année sans aucun sinistre à une année avec un S/P à 300 %. Cette volatilité est sans commune mesure même dans les branches grands risques les plus volatiles comme l’aviation », décrypte Bruno Bajard, directeur spécialités de Marsh France. « L’assurance spatiale est un peu la limite du concept d’assurance qui nécessite normalement un portefeuille de risques suffisant pour les mutualiser », complète Pascal Lecointe, expert spatial d’Hiscox. Les sommes engagées sont par ailleurs plus importantes. Le prix de certains satellites atteignant des centaines de millions d’euros, l’échec d’un ou deux lanceurs est susceptible de consommer l’intégralité de la prime annuelle du marché, de 560 M$ en 2022.

Dans la même rubrique

Abonnés Ils assurent les producteurs de fruits

Les producteurs de fruits – en arboricultures et en petits fruits – sont en première ligne des aléas...

Abonnés Risques de guerre : le changement de régime des couvertures s’accélère

Ukraine, Moyen-Orient, tensions maritimes : la conflictualité change d’échelle et s’installe dans la...

Abonnés Des risques cyber sous-estimés 

Les entreprises françaises continuent de sous-estimer l’impact réel d’une cyberattaque, malgré un...

Voir plus

Chargement…