Burn-out, anxiété, dépression : les troubles psychiques explosent. Entre hyperconnexion, perte de sens au travail et climat anxiogène, salariés, entreprises et assureurs font face à une crise durable. Au point que la santé mentale est devenue un enjeu économique autant que sanitaire.
C’est une véritable épidémie. Les problèmes de santé mentale* seraient la cause de douze milliards de journées de travail perdues chaque année dans le monde, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). En France, les troubles psychologiques constituent la première cause des arrêts de travail de longue durée. Selon le baromètre WTW 2024, les risques psychosociaux sont à l’origine de 36 % des arrêts longs, et 27 % des actifs déclarent avoir été arrêtés au cours de l’année pour un problème de santé mentale, une proportion qui grimpe à 42 % chez les jeunes adultes, d’après le Datascope 2026 d’Axa. De son côté, Santé publique France observe une hausse de 25 % des maladies psychiques d’origine professionnelle… Comment expliquer l’augmentation des troubles psychologiques ? Au stress que subit près d’un salarié français sur deux, selon Eurofound. Au développement du télétravail, qui a apporté de la flexibilité, mais a brouillé les frontières entre vie professionnelle et vie personnelle. Désormais, près d’un salarié sur deux travaille en dehors des horaires habituels, selon l’Insee. Une enquête OpinionWay de 2023 révélait que 42 % des cadres consultent leurs e-mails avant 7 heures et 29 % après 22 heures. Une hyperconnexion qui limite la récupération mentale et augmente les risques de troubles psychiques. Et si les jeunes continuent de plébisciter le télétravail – 37 % y ont recours, contre 23 % en 2020 –, il est paradoxalement vécu comme une source d’isolement par 23 % d’entre eux, contre 16 % pour l’ensemble des salariés.