Le psychodrame de l'adoption d'une loi de financement de la Sécurité sociale pour 2025 a jeté une lumière crue sur l'impasse que représente le pilotage budgétaire à court terme du système de santé. Une aubaine pour les complémentaires qui demandent de longue date à inscrire le dialogue avec l'Assurance maladie obligatoire dans le temps long et alors que les dépenses toujours plus élevées à leur charge influent défavorablement sur les résultats techniques.
La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) publie chaque année un « rapport sur la situation financière des organismes complémentaires assurant une couverture santé ». Pour les contrats collectifs et individuels, l’édition 2024 de ce rapport fait apparaître qu’en 2023 le résultat technique global de ces organismes est devenu légèrement négatif (- 0,4 % des cotisations collectées hors taxes) après deux années où il était quasiment nul. C’est une première depuis 2011 que ce rapport est publié annuellement. Toutefois, il convient de distinguer la situation des contrats collectifs où le résultat technique a été de -3,9 % des cotisations et celle des contrats individuels (résultat technique de + 3,1 % des cotisations, mais en baisse par rapport à 2022 où il était de +4,1 %). Des résultats d’autant plus surprenants que les cotisations collectées par l’ensemble des opérateurs santé avaient augmenté de 2,4 Md€ en 2023 (+6 %), soit la plus forte hausse enregistrée sur la décennie. En santé collective, les cotisations ont crû de 6,6 % (+1,3 Md€) et en santé individuelle, elles ont été indexées de 5,4 % (+1,1 Md€). La Drees indique qu’à l’exception de 2014, les cotisations collectives en santé ont progressé, en moyenne, à un rythme plus soutenu que les cotisations individuelles. En parallèle, les prestations versées par les complémentaires au titre de la santé s...